Evelyne Thetiot aime les escapades en bord de mer avec une prédilection pour les îles. En hiver, direction la montagne pour la neige et le silence. Longtemps, l’habitante de Pont-Péan, près de Rennes (Ille-et-Vilaine) a immortalisé les paysages qu’elle découvrait en prenant des photos. Elle s’était installée un laboratoire à domicile pour les tirer. Depuis une douzaine d’années, les plus beaux clichés deviennent des tableaux peints à l’acrylique et signés Ev’lyn’.
« Exposer est une manière d’aller vers l’autre »
Peu de salons étant ouverts aux amateurs, elle ne montre ses oeuvres que deux à trois fois par an. Après Chartres-de-Bretagne en février 2026, le prochain rendez-vous sera en juillet, à Saint-Suliac. Les salons sont des moments importants de partages et d’échanges avec le public et d’autres passionnés. La pratique de la peinture est solitaire. Exposer est une manière d’aller vers l’autre, de partager ses émotions. J’ai fait le premier il y a cinq ans. J’ai mis du temps à me lancer. Je ne me sentais pas légitime, reconnaît-elle. J’aime les grands formats permettant d’engager tout le corps dans la composition. C’est libérateur. Je sais que ce n’est pas ce qui se vend le mieux mais je me fais plaisir. Mes chouchous du moment sont sur les murs de la maison.
« Je n’avais aucune base de dessin »
Pourtant, rien ne la destinait à cette pratique. Dans sa famille, la culture n’était pas particulièrement valorisée. Son amour de la transmission va lui ouvrir les horizons. Directrice d’école et référente d’une classe de grande section de maternelle, elle crée les premiers ateliers d’aquarelle pour ses élèves. J’ai été surprise du résultat. Cela m’a donné envie de continuer. Mais je n’avais aucune base de dessin. Pendant quinze ans, j’ai pris des cours. J’ai commencé avec Michèle Dupuy, qui animait des cours dans la commune, se souvient la Pont-Péannaise de 69 ans.
Lire aussi : Avec Exporama, l’art contemporain envahira Rennes cet été
J’ai aussi multiplié les stages courts pour me confronter à d’autres pratiques ou visions de l’art. Petit à petit, j’y ai pris du plaisir et dépassé mes limites. Je suis encore un peu frustrée de ne pas bien maîtriser les techniques de dessin mais je compense par la lumière et les couleurs.
À l’avenir, Evelyne Thetiot aimerait s’éloigner un peu de l’hyperréalisme pour évoluer vers des compositions plus contemporaines. J’ai une pratique très variable. Pour affronter à la matière, j’ai besoin d’une émotion, d’être touchée par un paysage. Je peins pour garder la trace.
Contact : evelynethetiot35@gmail.com