Nathalie Baye a joué dans tous les registres, de Jean-Luc Godard (« Sauve qui peut (la vie ») à Philippe Lacheau (« Alibi.com 1 et 2 »), de Tonie Marshall ((« Vénus beauté (institut ») à Xavier Dolan (« Juste la fin du monde »), en passant bien sûr par François Truffaut qui lui a donné son premier grand rôle dans « La Nuit américaine ». Toujours avec une classe à la française. Fille d’artiste peintre, rien ne la prédestinait à devenir actrice. Elle avait raconté à Paris Match son parcours artistique. « La danse m’a sauvée de l’école où j’étais malheureuse. C’est une bonne raison non ? J’étais dyslexique, je confondais les « m » et les « n », les « b » et les « p ». Je switchais beaucoup de choses. Surtout, j’étais ailleurs », confiait-elle.

Elle intègre à 14 ans une école de danse à Monaco, puis, part à l’adolescence pour les États-Unis. La comédie viendra plus tard. Il faut souvent des rencontres décisives, la sienne, ce fut avec René Simon, son professeur d’art dramatique au cours Simon. « Il m’a donné ma chance et je ne l’oublierai jamais. », expliquait-elle, dans nos colonnes. À l’époque, elle est sur le point d’arrêter la danse qu’elle pratique à haut niveau quand, encouragée par une de ses amies, elle intègre ses cours. Et accroche immédiatement. Mais, peinant à joindre les deux bouts, elle doit poursuivre ses tournées d’opérette pour payer ses leçons de théâtre. Jusqu’au jour où son professeur s’en aperçoit. Il décide de lui offrir les cours et lui demande de se présenter au Conservatoire.

Laura Smet, la fille unique de Nathalie Baye

En échange, il attend d’elle un investissement total… Sa carrière peut débuter, d’abord sous la direction de Robert Wise, « Brève rencontre à Paris », en 1973, puis sous la direction de François Truffaut dans « La Nuit américaine » puis dans « La Chambre verte ». Nathalie Baye n’aura de cesse d’osciller entre le cinéma d’auteur et les films populaires. « Je déteste le mot carrière. Disons plutôt parcours. J’ai refusé des films parce qu’ils m’emmenaient trop loin et que je ne voulais pas me séparer de ma fille », résumait-elle. Sa fille, c’est Laura Smet, la fille qu’elle a eue en 1983 avec le chanteur et acteur Johnny Hallyday qu’elle a fréquenté de 1982 à 1986. « Je n’étais pas du tout prête à ce que ma vie soit étalée dans les magazines. Johnny, les paparazzi… », confiait-elle.

Laura Smet explique pourquoi elle ne s’appelle pas « Hallyday », comme les autres enfants de Johnny : « Pour moi, c’était très naturel »

« J’étais déjà connue mais le rouleau compresseur des anecdotes croustillantes effaçait tout ce que j’avais pu faire avant. Ça ne valorise pas un artiste. Je ne porte pas un jugement sur Johnny en disant cela, mais c’est ce qu’on en a fait, et qui, forcément, est resté pendant un bon moment dans la tête des metteurs en scène, qui m’a nui. ». Compagne de Philippe Leonard dans les années 70 et de l’ancien ministre Jean-Louis Borloo dans les années 90, Nathalie Baye est toujours restée discrète sur ses élans du coeur. Mais elle est toujours restée l’amie fidèle, même après : « Quand j’aime les gens, c’est pour toujours. » Les cinéphiles aimaient Nathalie Baye, ce sera pour toujours.

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