Deux événements qui ne manquent pas de relancer le débat sur les tests salivaires « drogue » à destination des policiers. Les syndicats sont contre, la députée MR Catherine Delcourt porte tout de même son projet qui avance au train du processus législatif.
« Une première lecture du projet de loi a eu lieu peu avant les vacances scolaires. Il y a déjà une résolution déposée en vue d’élargir la loi à tous les métiers relatifs à la sécurité et pas uniquement la police. Le sujet suscite beaucoup d’intérêt et de questionnement légitime. Maintenant les partis attendent les avis avant une deuxième lecture », nous détaille la députée liégeoise.
L’idée est de permettre aux chefs de corps des zones de police de soumettre n’importe quel policier à un test salivaire si celui présente des signes manifestes de consommation de stupéfiants en service, comme cela existe déjà en matière de consommation d’alcool au travail.
Un vol dans une saisie de stup’
Alexis L., a été surpris par un collègue en train de sniffer dans les toilettes en février dernier. Le jeune inspecteur de 25 ans a reçu une citation directe à comparaître devant le tribunal. L’affaire a toutefois été reportée au 19 juin prochain pour la jonction de deux autres dossiers, un de vol et un second de violences conjugales datant de 2024, des violences perpétrées suite à des prises de cocaïne selon son ex, est-il relaté au tribunal. Selon nos sources, le vol concernerait une ponction dans une saisie de stupéfiants…
Un exemple s’il en est que la poudre blanche s’invite dans toutes les catégories socio-économiques. « Les études sont là, 7 % des personnes interrogées par Sciensano ont déclaré consommer de la cocaïne en activité », soulève Catherine Delcourt. « On ne comprend pas vraiment ces gens, d’un côté il y a le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin qui veut augmenter l’attractivité du métier et de l’autre des personnes qui nous emm******, excusez-moi d’être grossier mais c’est juste du populisme », s’offusque Thierry Belin, le secrétaire national du syndicat policier.
« C’est une fausse bonne idée, nous sommes déjà le métier le plus contrôlé au monde. Refinancer les polices serait bien plus intéressant. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de consommateurs dans nos rangs, je ne suis pas naïf, mais ce n’est qu’une minorité. C’est insultant de faire croire qu’il y a un problème de toxicomanie au sein de la police », estime-t-il.
« Contrairement à ce qu’imaginent les syndicats policiers, il ne s’agit pas de contrôle systématique des policiers mais seulement quand il y a des signaux d’une consommation en service. Il y va de l’intégrité de la police et de la sécurité de leurs collègues et du citoyen. Il n’est nullement question de les stigmatiser », insiste Catherine Delcourt.