Survie dans l’hôtellerie de luxe, émancipation dans une théocratie totalitaire, endoctrinement sectaire, écoterrorisme ou chef de cartel colombien raconté à hauteur d’enfant, le choix est vaste parmi les sorties du moment pour satisfaire toutes les envies de série.
« Privilèges » sur HBO Max
Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue en stage dans le palace parisien Le Citadel dirigé par Edouard Galzain (Melvil Poupaud), doit conserver coûte que coûte sa place de bagagiste pour décrocher sa liberté conditionnelle. Observatrice, disciplinée, efficace, elle intègre très vite les codes de cet univers pas si éloigné de celui de la prison. Anticiper et assouvir les désirs de clients fortunés qui font la loi ou respecter les ordres d’une caïd en prison pour éviter les embrouilles n’est pas si différent. En devenant les yeux et les oreilles d’Edouard, dont le poste est menacé, Adèle va se rendre indispensable. Elle devra aussi ruser pour apaiser les jalousies dans la prison, comme dans Le Citadel.
Manipulation, jeux de pouvoir, trahison et amitiés malmenées sont au cœur de ce thriller social mené tambour battant par le duo Marie Monge et Vladimir De Fontenay, à voir depuis le 27 mars sur HBO Max.
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« The Testaments » sur Disney+
Si les initiés retrouveront avec bonheur la théocratie totalitaire de « La servante écarlate » avec ses Commanders, ses Epouses, ses Tantes et ses Mères, les novices se laisseront envoûter sans peine. La mise en scène glaciale est toujours aussi soignée, de même que les décors, costumes et coiffures. Désormais, alors que la fertilité semble de retour à Gilead, la série se concentre sur la formation stricte de jeunes filles promises à devenir des épouses dociles, futures mères au foyer irréprochables.
Agnès (Chase Infiniti), une violette, se voit confier la tâche de chaperonner une perle blanche, Daisy (Lucy Halliday), venue de l’extérieur et décidée à servir Dieu. Mais Daisy n’est pas celle qu’elle prétend être et va s’employer à faire comprendre à ses nouvelles camarades que la vie n’a rien à voir avec les préceptes misogynes et rétrogrades enseignés dans cette cité patriarcale de Gilead. La révolution est en marche, car si la chute du régime est bien l’objectif à atteindre, il faudra encore patienter quelques saisons pour qu’Agnès, Daisy, Becka et les autres y parviennent. A voir depuis le 8 avril sur Disney+.
« Trust Me: le faux prophète » sur Netflix
Les sectes, leur fonctionnement, les mécanismes de l’emprise, les dégâts psychologiques sur des femmes prisonnières de gourous autoproclamés, la vie de château de ces manipulateurs, leurs abus sexuels à répétition et leurs actes pédophiles, tout cela a déjà été largement documenté dans des séries true-crime. Mais en quoi celle-ci se démarque-t-elle? Par la qualité et la valeur inestimable des images filmées par Christine Marie, ex-mormone abusée et devenue journaliste spécialiste des sectes, et Tolga Katas, son époux vidéaste. Le couple est parvenu à s’immerger dans une communauté mormone fondamentaliste dont le chef, Warren Jeffs, avait été emprisonné pour crimes sexuels. A leur arrivée, le couple rencontre Samuel Bateman, personnage fascinant, gourou autoproclamé se réclamant l’héritier de Warren Jeffs.
Ainsi se déploie la vie de cette communauté, avec pour objectif des cinéastes qui se mettent en scène et doivent conserver vaille que vaille leur couverture, l’arrestation du criminel et le sauvetage d’enfants et de femmes qui ne se rendent pas compte des abus qu’elles subissent au nom d’un Dieu qui leur apporte plus de mal que de bien. Fascinant et glaçant en même temps. A voir depuis le 8 avril sur Netflix.
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« Phoenix » sur France 2
De grands patrons de multinationales adeptes du greenwashing s’achètent une belle image d’entreprises responsables et respectueuses de l’environnement lors d’un forum… bidon. Pas dupes, six jeunes écologistes kidnappent les enfants des dirigeants de ces sociétés pour faire pression et les obliger à investir 12 milliards d’euros dans un réel projet écologique. Pris de court par ce kidnapping, ils plient dans un premier temps, mais se ravisent.
L’intérêt de la série est double: jouer avec les codes du thriller avec des kidnappeurs amateurs pas taillés pour ce genre d’initiative, mais surtout interroger l’écoterrorisme, pas forcément la solution pour obliger enfin à un changement de politique en faveur de la planète. Et si, à la lutte armée, la stratégie du cheval de Troie était préférable? Pour torpiller un système, rien de mieux que de le faire de l’intérieur! Toute la série tend vers cette conclusion en passant par une démonstration pas toujours finaude, avec des personnages et situations un peu clichés. Qu’importe, l’intention n’était sans doute pas de réaliser un thriller trépidant, mais bien de faire réfléchir. En cela, ces six épisodes méritent d’être regardés. Diffusée depuis le 15 avril sur France 2.
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« Dear Killer Nannies » sur Disney+
Raconter Pablo Escobar du point de vue de son fils, Juan Pablo dit Juampi, est une idée brillante. Le gamin voit d’abord ce papa comme un bienfaiteur, aimant et protecteur. Entouré d’une armada de nourrices, hommes de main et tueurs à gages à la solde de son père, Juampi prend conscience qu’Escobar est autant adulé que détesté de la population. Lorsque sous ses yeux, il le voit brûler vivant un homme, il comprend que ce papa possède une face sombre, qu’il est un gangster capable du pire. Comment dès lors se construire face à une telle figure paternelle?
A grands renforts de flashforwards plutôt que de flashbacks, l’action, qui débute à Medellín dans les années 1980, résonne avec les années 1990 à Bogota, alors que le chef du cartel colombien le plus puissant s’est lancé dans le narco terrorisme pour prendre le pouvoir de son pays. L’histoire, racontée en voix off, alterne les formats avec notamment des images saisies au caméscope, le gamin adorant filmer tout ce qu’il vit. Bien plus émouvant que la série à grand spectacle Netflix « Narcos », « Dear Killer Nannies » est sans doute bien plus proche de la réalité. Il faut dire aussi qu’elle a été écrite par Juampi en personne. A voir depuis le 1er avril sur Disney+.
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Philippe Congiusti/ld