Vous venez trois fois en trois mois à Lille, c’est un endroit où vous aimez vous produire ?
Oui, pour un artiste qui fait des concerts, je pense que c’est très important de jouer plusieurs fois ici parce que c’est l’un des meilleurs publics. Des fois, quand on le dit dans les autres villes, elles sont un peu jalouses mais c’est la vérité. Ici, on sait que les gens vont être là parce qu’ils aiment profiter des concerts et qu’ils soutiennent à fond les gens qu’ils vont voir. Pour l’artiste, c’est merveilleux, et trois fois c’est même pas assez !
L’énorme guitare sur la scène rappelle d’où vient Kendji Girac. – PHOTO FLORENT MOREAU
Kendji Girac est accompagné d’excellents musiciens. – PHOTO FLORENT MOREAU
Vous n’êtes donc pas étonné de voir parfois les mêmes fans aux trois concerts…
Pour vous dire la vérité, ils viennent même dans d’autres concerts qui sont des fois à plusieurs centaines de kilomètres et ça fait des années que c’est comme ça. Donc il y a quelques fidèles que je retrouve ailleurs et surtout ici dans le Nord.
C’est la « tournée des 10 ans » mais cela fait plus longtemps que vous vous êtes fait une place dans la chanson française…
Oui, cela fait treize ans que je suis sorti vainqueur de « The Voice » et que je suis chanteur professionnel mais les tout premiers concerts, ça fait dix ans.
La tournée s’intitule « Nos 10 ans » et les clips des chansons interprétées sont projetés pour entretenir la nostalgie. – PHOTO FLORENT MOREAU
Vous venez d’ailleurs de faire une apparition dans la saison 15 de « The Voice » en tant que co-coach. C’est votre première fois dans le fauteuil chez les adultes. Qu’est-ce que ça fait ?
Exactement, j’ai été trois fois coach sur les « Kids » et là, de faire le co-coach avec mon ami Tayc, c’est une très belle expérience. C’est toujours aussi plaisant, palpitant, émouvant parce qu’on ressent les vibrations des chanteurs, leur stress. On ressent vraiment quelque chose de très puissant dès les premières notes, on est touché. J’ai frissonné plusieurs fois et après, je ne voulais même plus quitter le fauteuil, j’aurais bien voulu rester plus longtemps.
Et vous avez porté bonheur à Tayc…
C’est ce qu’il m’a dit, ça m’a fait plaisir. Mais bon, je pense que c’est pas parce que j’étais là, c’est parce qu’il a une grande oreille musicale qui sait aussi reconnaître des personnes avec du vrai talent.
Qu’est-ce que ça fait de le vivre de ce côté-là quand on l’a vécu côté candidat ?
Quand on a été talent, et après coach, disons qu’on a un peu plus de bagage parce qu’on arrive à mieux comprendre le talent qui s’exprime en chanson, on arrive à reconnaître ces moments de stress, de doute. Les petits ratés vocaux, on sait pourquoi ils sont là. On sait à quel point ça peut être déstabilisant quand on stresse beaucoup, donc on arrive à se mettre à la place du talent et à comprendre un peu mieux et à voir peut-être, musicalement, jusqu’où il peut y aller.
Kendji Girac est en communion avec le public durant tout le concert. – PHOTO FLORENT MOREAU
D’ailleurs, vous étiez un “mono buzz”, seul Mika s’était retourné pour vous lors des auditions à l’aveugle en 2014. La preuve qu’un seul coach suffit pour poser les bases d’une belle carrière.
Exactement, c’est incroyable. Mika a eu confiance en moi, il a peut-être su reconnaître qu’il y avait beaucoup de stress ce soir-là et que la chanson que j’ai chantée, même si c’était un truc que je savais gérer à la guitare, c’était pas forcément mon style parce que j’étais un chanteur un peu plus vocal. Il a peut-être tendu l’oreille un peu plus que les autres et il a su reconnaître que je pouvais faire d’autres chansons que du rap gipsy. C’est là son point fort et du coup mon premier jour de chance à moi.
Et treize ans plus tard, vous stressez toujours avant d’entrer sur scène ?
Oui, il y a toujours ce petit stress parce que je veux que tout se passe bien et j’ai toujours peur qu’il arrive de petits ratés vocaux, c’est un peu d’appréhension.
Votre public a-t-il évolué avec vous ?
C’est sûr que j’ai grandi avec certaines personnes de mon public, je les ai vues étant beaucoup plus jeunes et maintenant ce sont des adultes, maintenant il y en a qui sont devenues mamans, qui viennent aujourd’hui avec leur petit ventre rond. Je vois beaucoup de nouveaux aussi, des enfants, des familles. J’en suis très fier et content.
Les fans sont ravis de suivre l’artiste, qui n’hésite pas à aller dans le public lors de ses concerts. – PHOTO FLORENT MOREAU
Le dernier album a-t-il attiré un nouveau public, justement ?
Je pense que oui, et surtout d’année en année, je me dévoile encore plus, donc je pense que tous les gens qui me suivaient déjà auparavant, ils en savent de plus en plus sur moi, ça leur plaît, et ils le méritent que je leur donne plus de mon histoire.
Ce que vous avez fait dans un livre autobiographique il y a six mois…
Oui, dans Mi Vida, et dans la réédition de l’album Vivre… encore, il y a beaucoup plus de mes sentiments profonds, encore plus de sincérité.
Vous êtes quelqu’un de pudique, et il y a eu un incident qui a fait que votre vie privée a été étalée publiquement. Ce livre, c’était une façon de donner votre vérité ?
Exactement, en fait c’est vrai que je suis pudique, je ne suis pas ce garçon qui veut se mettre sur le devant de la scène de lui-même. Si j’arrive dans une pièce, je me mets dans un coin pour observer, et donc c’est pour ça que j’ai toujours voulu me protéger en étant pudique.

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Vous oscillez toujours entre morceaux énergiques et plus intimistes.
Mes chansons sont des messages que je veux transmettre, parfois c’est pour danser, parfois c’est pour laisser tomber une petite larme qui fait du bien, pas forcément de tristesse.
Et il y a toujours un cantique. Ici, c’est Papa.
Dans chaque album, je chante un cantique parce que quand j’étais petit, j’ai chanté beaucoup de cantiques, et même aujourd’hui, et donc c’est ma façon à moi de rajouter un peu de confiance, d’amour, de force bienveillante, spirituelle dans un album.
Quelles chansons vous sont le plus demandées par le public ?
Chaque personne a sa chanson préférée, donc ça peut varier, mais j’ai la chance d’avoir maintenant un spectre assez large de chansons qui ont très bien marché. Mais il y a forcément des incontournables : Andalouse, Les Yeux de la mama…
Après le concert complet le 9 avril, il reste des places pour les deux prochains au Zénith de Lille, vendredi 29 mai à 20h et dimanche 14 juin à 17h. Tarifs : de 40 à 69€. zenithdelille.com