PRIX TECH FOR FUTURE 2026. La jeune pousse nantaise a conçu la première plate-forme anti-gaspillage de médicaments à l’hôpital et dans les cliniques. OptimPharma gagne le prix Tech for Future 2026, organisé par La Tribune et BFM Business, dans la catégorie Start, qui récompense des pépites en phase d’amorçage.
111 tonnes de médicaments jetés par an, d’une valeur de 37 millions d’euros et dont la fabrication a généré une empreinte carbone de 6300 tonnes de CO2. Ces chiffres, issus d’une étude parue fin 2025 de l’organisme Resomedit, fédérant les 14 observatoires du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique, concernent seulement 210 établissements de santé. Extrapolé par rapport aux quelque 3 000 hôpitaux et cliniques présents sur le territoire, ils donnent le tournis. Le gaspillage de médicaments en France, hors domicile, représenterait à lui seul une perte nette évaluée à 520 millions d’euros.
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Les médicaments jetés, un gouffre financier dans les hôpitaux
Un gouffre financier touché du doigt par Soumeya Ben Aïssa, préparatrice en pharmacie hospitalière pendant vingt ans, notamment au CHU de Nantes et à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP). En cause, un manque de temps humain pour gérer manuellement la collecte des médicaments non administrés aux patients, puis leur réintégration dans les circuits des pharmacies à usage intérieur (PUI) de l’établissement.
« Cette tâche représente en moyenne jusqu’à deux heures par jour et par service de soins. Elle est chronophage car chaque cachet ou gélule doit en effet être contrôlé afin d’éviter le moindre risque quand ils sont réintégrés dans les stocks, explique Soumeya Ben Aïssa. Or un grand hôpital parisien ou régional peut regrouper jusqu’à un millier de services ».
Résultat, les médicaments sont jetés de façon générale, faute de temps, pour pallier tout risque ou du fait de leur préemption en raison de la longueur du process de récupération.
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Une photo unique par chariot de médicaments
Le concept d’OptimPharma, plate-forme numérique mobile reliée aux PUI, est né de ce constat de gabegie. Concrètement, à partir d’une seule photo par chariot de médicaments, les données sont numérisées et viennent alimenter la base des stocks de la pharmacie de l’hôpital.
« Grâce à l’IA, la traçabilité de tous les médicaments est assurée et les produits périmés automatiquement repérés, assure Soumeya Ben Aïssa, fondatrice de la start-up en 2025. En automatisant entièrement la collecte, le temps nécessaire est largement réduit, environ 15 minutes au lieu de deux heures. C’est beaucoup plus acceptable pour les établissements médicaux et leurs personnels».
La quarantenaire n’a pas hésité à se former à l’intelligence artificielle fin 2024 à la Station F à Paris, avant de lancer son premier prototype, qu’elle a conçu elle-même.
Dans sa version Beta, OptimPharma est ainsi testé à l’été 2025 au sein d’un établissement d’Elsa. Le 1er groupe d’hôpitaux privés français l’épaule et met à sa disposition un « laboratoire » grandeur nature. « Le résultat a été très encourageant puisque 97% des médicaments ont été correctement compatibilisés, se félicite l’entrepreneuse. Des réglages ultérieurs ont permis de gommer les rares failles constatées ». Désormais associée à la Medtech Biolevate, qui lui apporte de l’expertise technologique, OptimPharma déploiera avant l’été 2026 une version aboutie dans des sites pilotes.
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Loi anti-gaspillage à la rescousse
Trois à quatre établissements hospitaliers, à Paris, à Nantes et en Bretagne, seront ainsi équipés du dispositif. La Start up table désormais sur une commercialisation de sa plate-forme début 2027. Avec des abonnements annuels dont le montant reste à l’étude, selon la taille des hôpitaux, la solution devrait bénéficier indirectement d’un coup de pouce de la part du législateur.
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En effet, la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, autorise pour la première fois, à titre expérimental et pour trois ans, la réutilisation de médicaments délivrés aux patients mais non consommés dans les établissements de santé.
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