Le sous-continent indien et les pays attenants, du Pakistan à l’Afghanistan, recèlent leur lot de mystères historiques. L’un d’entre eux date du début du XXIe siècle, lors de fouilles entreprises en eaux profondes, dans le golfe de Khambhat, au nord-ouest de l’Inde.
En 2002, la BBC publiait un article titré La cité perdue « qui pourrait réécrire l’histoire », exposant les résultats partiels des opérations sous-marines. Les archéologues et océanologues du National Institute of Ocean Technology d’Inde (NIOT) décelaient alors la présence de structures anciennes par 36 mètres de profondeur.

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Avaient alors été retrouvés des artefacts, des poteries et des restes humains, vieux de plus de 9 000 ans. Une découverte archéologique majeure, démontrant la présence de sociétés structurées en Inde et dans le golfe de Khambhat, bien antérieures à la civilisation harappéenne. Il n’en fallait pas plus pour voir émerger les premières théories, souvent controversées, sur d’hypothétiques peuples disparus, questionnant le récit du développement des sociétés antiques dans cette région de l’Asie.
Une vaste cité sous-marine antique
Ce ne sont pas quelques structures éparses que découvraient les explorateurs du NIOT en décembre 2000, mais bel et bien une cité s’étendant sur plusieurs kilomètres carrés. Plus précisément, huit kilomètres de long pour environ trois de large. La technologie sonar exploitée par les appareils offrait alors une vision saisissante des fonds marins, venant confirmer l’ampleur de la découverte. En parallèle, les objets remontés ainsi que les squelettes et fragments dentaires appuyaient la thèse d’une ville engloutie.

Le site de Mohenjo-daro, situé à 300 kilomètres au nord-est de Karachi, au Pakistan, est l’un des plus importants vestiges de la civilisation harappéenne. © CC BY-2.0, Comrogues
La datation des artefacts devint toutefois un casse-tête inextricable pour les spécialistes. La présence d’une société s’étant développée vers 7000 avant J.-C. dans un golfe de l’ouest de l’Inde bouscule les observations archéologiques. Selon les universitaires, la première civilisation réellement structurée du sous-continent s’est établie autour de la cité d’Harappa, dont l’apogée survient à partir de 2600 avant J.-C.
Plusieurs personnalités, telles que l’écrivain britannique Graham Hancock, défendent l’idée d’un monde ancien et relativement avancé sur le plan de la technique, disparu à cause d’événements climatiques ou géologiques majeurs. Mais, comme le souligne le site Indy100, la personnalité provocatrice de Hancock et ses extrapolations liées à la découverte polarisent largement le débat autour de cette hypothèse intéressante, bien que susceptible de faire éclater l’actuel paradigme.

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Un choc des théories pour expliquer la découverte
Les structures sont bel et bien présentes sous la surface de l’eau. Comment expliquer leur présence à cet endroit précis ? Le golfe de Khmabhat aurait pu être submergé par la montée des eaux après la fin de l’âge glaciaire et l’augmentation des températures. Le niveau des mers aurait augmenté, ainsi que le débit des fleuves et des rivières, recouvrant progressivement le bassin.
De quoi évoquer le continent légendaire de Kumari Kandam, vaste terre rêvée ayant fait le pont entre l’Inde, Madagascar et l’Australie. Des corps ainsi que des objets auraient aussi été charriés dans le golfe, expliquant la présence d’artefacts vieux de 9 000 ans sur le site. Les bâtiments, quant à eux, semblent être d’origine humaine.
À quoi ressemblaient vraiment les anciennes villes indiennes ? © Odd Compass
Certains archéologues expliquent que les données sonar auraient été mal interprétées. D’autres chercheurs pointent la possibilité d’une erreur lors des datations au carbone 14, dénonçant des résultats faussés. Mais aucune explication ne fait l’unanimité chez les experts, qui ne sont parvenus à expliquer avec certitude l’existence d’une ville immergée, construite avant l’Antiquité. Si des recherches postérieures à la découverte ont été réalisées depuis deux décennies, le mystère demeure et reste particulièrement épais.