Cette nervosité ambiante se traduit d’abord dans le panier de courses. Plus d’un Belge sur cinq (21,1 %) déclare dépenser moins pour l’alimentation et les soins personnels. Mais ce sont surtout les dépenses non essentielles qui trinquent : 39 % des sondés affirment avoir réduit leurs achats de vêtements, d’appareils électroniques ou de sorties. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses (42,3 %) que les hommes (35,5 %) à restreindre ces dépenses. Les vacances ne sont pas épargnées : 35,1 % des Belges disent y consacrer moins d’argent, indépendamment de leur profil socio-démographique.
L’impact se fait aussi sentir sur le plan financier. Parmi les répondants investissant dans des produits américains, environ un quart a réduit leur exposition. Près de 23,6 % des détenteurs d’actions américaines déclarent y investir moins qu’auparavant. Ils sont 22,2 % à diminuer leurs placements dans des fonds ou ETF américains, et 27,7 % à réduire leur exposition au dollar. Les montants désengagés sont principalement réorientés vers des produits d’épargne (36,1 %) ou des comptes courants et d’épargne (40,9 %), tandis que 24,8 % privilégient des actions non américaines.
US Go home ?
Cette prise de distance se retrouve également dans la consommation courante. Interrogés sur leurs achats de produits typiquement américains – de Coca-Cola à Nike en passant par Oreo – 25,3 % des Belges affirment en acheter moins aujourd’hui, contre seulement 3,8 % qui en consomment davantage. La tendance est plus marquée au sud du pays (30,6 %) qu’au nord (21,1 %).
Enfin, l’opinion publique se montre réservée quant aux investissements des entreprises belges et européennes outre-Atlantique. Près de 44,5 % des sondés estiment qu’elles devraient réduire leur présence aux États-Unis. Les plus de 55 ans (53,2 %) partagent davantage cet avis que les jeunes (34,4 %), tout comme les hommes (48,2 %) par rapport aux femmes (40,9 %). À l’inverse, seuls 3,7 % plaident pour une augmentation des investissements.