
En 2007, Anne Hathaway incarne Jane Austen dans le film Becoming Jane, aux côtés de Maggie Smith, James McAvoy ou encore Julie Walters.
L’œuvre de Jane Austen a fait l’objet de nombreuses adaptations ces trente dernières années. Parmi les plus célèbres, le film Raison et sentiments, réalisé par Ang Lee en 1996, ou encore la version d’Orgueil et préjugés, signée Joe Wright, où Keira Knightley prêtait ses traits à Elizabeth Bennet. Si certains réalisateurs ont choisi des approches très libres, à l’image de Coup de foudre à Bollywood, d’autres productions ont préféré explorer l’influence de l’auteure sur ses lecteurs, comme dans Jane Austen in Manhattan ou The Jane Austen Book Club. Le film Jane se distingue toutefois de ces précédents en adoptant l’angle du biopic, se focalisant directement sur l’existence de la femme qui a inspiré tant d’artistes.
Jane : Comment le réalisateur a construit l’histoire du film sorti en 2007 ?
Le cinéaste Julian Jarrold a pris le parti de centrer son récit sur la jeunesse de l’écrivaine, en mettant particulièrement en lumière sa liaison présumée avec Tom Lefroy. Pour cela, il a sollicité l’aide du biographe Jon Spence : « Mon rôle a été de veiller à ce que les faits avérés soient respectés, de fixer une limite et de donner un cadre historique authentique aux aspects fictionnels de Jane ». Le récit s’appuie ainsi sur trois moments clés validés par l’histoire : leur rencontre dans le Hampshire à Noël 1795, la visite de Jane Austen à Londres en août 1796 chez l’oncle de Lefroy, et enfin le retour définitif de ce dernier en Irlande en 1798 où, devenu avocat, il donnera le prénom de Jane à sa fille.
Anne Hathaway incarne une icône à l’écran
Le choix d’Anne Hathaway pour incarner la célèbre romancière a initialement suscité des débats, certains jugeant l’actrice trop séduisante pour le rôle. Néanmoins, l’apparence réelle de Jane Austen reste méconnue, puisque le seul portrait authentifié est un dessin réalisé par sa sœur Cassandra en 1810 alors que l’auteure avait 35 ans. Pour honorer ce rôle, Anne Hathaway s’est investie totalement en travaillant son accent anglais, en apprenant le piano et même les bases du langage des signes pour échanger avec le comédien jouant George, le frère handicapé de Jane. Ce travail d’interprétation a permis de combler le vide laissé par la destruction de la majeure partie de sa correspondance par Cassandra après sa mort. Ce manque de traces historiques a finalement été perçu comme une opportunité par le réalisateur Julian Jarrold, qui a déclaré avoir voulu montrer Jane Austen avant tout comme un être de chair et de sang, loin d’une représentation figée.