« La plupart des gens ne comprennent pas ce qu’est un procureur et n’osent pas le dire », sourit la femme de lettres et de droit, rencontrée par l’AFP. « J’avais peut-être cette idée de raconter ce qu’on fait au quotidien au parquet. Le procureur, c’est quand même fondamental dans les enquêtes, mais les polars ne sont jamais abordés de ce point de vue-là ».
Dans « Panthères », la vice-procureure Maxime Saint-Clair, double de fiction de l’autrice, se jette à corps perdu dans une enquête après la découverte de deux corps, celui d’un enfant et de sa mère.
Relations avec les juges d’instruction, les flics et avocats… Le polar scrute le quotidien pas toujours glamour d’un tribunal. « Je voulais répondre aux critiques auxquelles la magistrature fait face, comme quoi on serait des gens hors sol, pas du tout conscients des réalités », confie l’autrice. « Alors qu’en fait, on patauge dans la gadoue toute la journée ! ».
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« En fait la justice, c’est des gens assez ordinaires avec des pouvoirs extraordinaires », poursuit-elle. Pour l’incarner, Valentine Vendôme, magistrate qui n’a pas sa langue dans sa poche, invente un double haut en couleur, amoureuse de mode et d’escarpins.
« On se dit qu’un procureur, c’est un homme entre deux âges, en costume trois pièces avec une voix grave… Alors qu’en fait, les chiffres montrent plutôt qu’il s’agit majoritairement d’une femme, jeune. Et je voulais montrer que dans cette catégorie-là, être confrontée à la violence des hommes, ce n’est pas rien ».
Elle ne s’étendra pas sur « les failles et les blessures » qui accompagnent tout magistrat, mais veut montrer qu’un proc’ doit « faire avec ses traumas ». Dans le livre, ce sont les blessures de l’enfance qui menacent de jouer des tours à l’héroïne: « qu’est-ce que ça peut être de rendre la justice quand, à soi-même, justice n’a pas été rendue? », s’interroge l’autrice.
« Les dossiers extrêmement durs, cruels, tragiques, c’est quand même le lot des parquetiers », ces magistrats qui représentent l’accusation et les intérêts de la société, témoigne Valentine Vendôme. « On n’en sort pas indemne. »
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Pour tenir, cette fille de professeure de lettres à la fac et d’un général de gendarmerie compte sur la justice et la littérature, mais aussi le cinéma.
Ou le rap. « Avant une audience compliquée, j’en écoute, ça me met dans un mindset (état d’esprit, ndlr) guerrier, un peu combatif. »
A l’audience, face aux prévenus, elle cite d’ailleurs volontiers Booba ou IAM. « En une formule, leurs punchlines disent toute une vérité », souligne-t-elle.
L’oeuvre de Valentine Vendôme a tapé dans l’oeil d’une figure des lettres, Michel Houellebecq, qui lui a proposé de relire son manuscrit. Offre acceptée! « C’est un fana de justice. Tous les passages sur cette procureure fougueuse et désirante lui avaient beaucoup plu je crois », sourit Valentine Vendôme.