« Il faut réguler les phosphates »: qu’est-ce que le cadmium, ce polluant omniprésent dans nos assiettes à l’origine d’une « bombe sanitaire » en France ?

Même si cette étude reste exploratoire, elle met en évidence un risque accru dans certaines zones où l’héritage industriel continue d’imprégner les sols. Mines, sidérurgie et autres activités passées ont laissé des traces durables, invisibles à l’œil nu mais bien présentes dans la chaîne alimentaire.

Le cadmium, un contaminant insidieux

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, mais dont les concentrations peuvent être amplifiées par l’activité humaine. Absorbé par les plantes, notamment les légumes et les céréales, il peut ensuite être ingéré par l’homme. À faible dose mais de manière répétée, il s’accumule dans l’organisme, en particulier dans les reins, et peut provoquer des troubles à long terme.

Cette capacité d’accumulation rend le cadmium particulièrement préoccupant du point de vue sanitaire. Contrairement à une intoxication aiguë, ses effets sont progressifs et difficiles à détecter à court terme.

Des normes plus strictes, des contrôles renforcés

Face à ces risques, l’Union européenne a abaissé en 2021 les teneurs maximales autorisées en cadmium dans les denrées alimentaires. Depuis, l’AFSCA observe une légère mais constante augmentation des dépassements dans certaines productions locales, notamment maraîchères.

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Cependant, les autorités se veulent rassurantes. Sur les 1 559 échantillons analysés en 2024 dans le cadre des contrôles habituels, 99 % respectaient les normes. « Il n’y a pas de problème structurel concernant les légumes sur le marché belge », souligne Aline Van den Broeck, porte-parole de l’agence. Elle rappelle toutefois que le risque étant lié à une exposition prolongée, la diversification alimentaire reste une mesure de précaution essentielle.

Une responsabilité partagée

Au-delà du constat, la gestion du risque repose sur une coordination étroite entre autorités publiques et secteur agricole. À la suite de cette enquête, l’AFSCA a réuni les acteurs régionaux, sanitaires et agricoles afin de définir des actions concrètes.

L’objectif est double : limiter le transfert du cadmium du sol vers les cultures et accompagner les producteurs concernés. Car, comme tous les acteurs de la chaîne alimentaire, les maraîchers ont la responsabilité de garantir la sécurité de leurs produits. Cela implique notamment d’intégrer les risques liés à la contamination des sols dans leur système d’autocontrôle.

Un enjeu durable

La question du cadmium illustre plus largement les défis liés à la pollution héritée des activités industrielles. Longtemps invisibles, ces contaminations réapparaissent aujourd’hui à la faveur de normes plus strictes et de contrôles plus ciblés.

Si la situation globale reste sous contrôle, ces résultats rappellent que la qualité des sols est un enjeu de santé publique à long terme. Et que, de la terre à l’assiette, la vigilance reste de mise.

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