Le chef de la Défense belge prévient: « La situation internationale est la plus instable depuis la Seconde Guerre mondiale »

Les députés fédéraux Stéphane Lasseaux (Engagés), Kjell Vander Elst (Anders) et Robin Tonniau (PTB) ont interrogé le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), pour en avoir le cœur net, alors que l’Europe entend gagner son autonomie stratégique à l’égard des États-Unis et que chaque pays veut maximiser pour lui les retombées économiques de ses investissements.

Les USA restent le premier partenaire

Dans la réponse donnée à M. Tonniau, le ministre détaille les montants des achats militaires de la Défense depuis 2020 et auprès de quels pays ceux-ci ont été effectués. Les chiffres varient fortement d’une année à l’autre, d’où l’intérêt d’avoir une vue d’ensemble sur toute la période 2020-2025.

Au cours de ces six années, quelque 15,68 milliards d’euros ont été dépensés pour des « acquisitions de fournitures relevant de la législation Défense et Sécurité », indique M. Francken. La première fournisseuse de la Défense est l’industrie belge, qui a capté près de la moitié de cette masse d’argent – précisément 47,33 %.

Une macro-analyse de la Vision stratégique 2025 révèle qu’environ 7 % des investissements sont planifiés vers le marché américain, contre 41 % destinés au marché européen.

Deuxième pays en ordre d’importance : les États-Unis, à hauteur de 19 % (près de 3 milliards d’euros), dont une bonne partie – non précisée dans la réponse – est consacrée au paiement échelonné des F-35. Suivent la France (5,64 %), les Pays-Bas (2,55 %) et l’Allemagne (0,61 %).

Quelque 21,61 % de ces 15 milliards d’euros ont été dépensés auprès d' » organisations internationales ». Le ministre ne précise pas ce que recouvre cette appellation, mais on sait par exemple que l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) possède une centrale d’achat (NSPA) ou que la Belgique fait partie de l’Occar, une organisation européenne en matière d’armement.

Les achats militaires stratégiques se mènent au pas de charge, sans marché public ni appel d’offresVision stratégique tournée vers l’Europe

Le ministre Francken a répété à de multiples reprises qu’il entendait se tourner autant que possible vers le marché européen pour les acquisitions militaires prévues dans la Vision stratégique 2025, ce plan d’investissement de 34 milliards d’euros d’ici à 2034.

Le plan Francken à 34 milliards d’euros n’est que la face visible des dépenses militaires

« Dans le cadre des investissements majeurs prévus par la Vision stratégique 2025, une macro-analyse révèle qu’environ 7 % des investissements sont planifiés vers le marché américain, contre 41 % destinés au marché européen, explique-t-il. Pour les 52 % restants, il n’est pas encore possible, à ce stade, de déterminer avec certitude s’ils pourront être dirigés vers l’industrie européenne. »

« Tout est mis en œuvre pour soutenir le développement de l’industrie européenne et belge de la défense, poursuit-il. Grâce à la Dirs (la Stratégie de défense, d’innovation et de recherche, NdlR), la mise en œuvre de la Vision stratégique 2025 permettra de développer davantage l’industrie de défense européenne et belge et, en ce qui concerne l’industrie belge, d’augmenter surtout les commandes directes. »

« La Vision stratégique 2025 contient les bases nécessaires pour stimuler le développement et l’autonomie de l’industrie européenne et, en particulier, de l’industrie belge de la défense », conclut Theo Francken.