Les lieux ont tout de même été inspectés et l’agent a, selon l’agriculteur, parcouru l’ensemble de la prairie à la recherche d’indices. Selon les premiers éléments, comme le possible (et fréquent) retour du prédateur pour récupérer la carcasse de sa proie, il pourrait s’agir d’un loup. « Des analyses doivent encore être réalisées, indique Catherine Barvaux, Chef du Cantonnement d’Aywaille, mais un loup a déjà été de passage sur le territoire ». Si la présence du loup n’est pas à exclure, il faudra encore déterminer si c’est lui qui a tué la chevrette. Il s’agit de la deuxième fois, en deux ans, qu’un tel incident est signalé sur l’exploitation. À noter que si l’attaque d’un loup est avérée, des indemnisations existent du côté de la Région wallonne.

« Pas pour faire peur »

Du côté de Sophie Vincent, propriétaire des bêtes, il ne s’agit pas « d’affoler, mais bien de lancer un appel à l’aide ». « Nous devons protéger notre exploitation et cette attaque diurne, à 30 mètres à peine des habitations, en est une nouvelle preuve », déclare-t-elle. La prairie de trois hectares est entourée d’un treillis pour moutons et de fils barbelés électrifiés mais « ce n’est pas suffisant ». « Cette clôture mesure à peine 1,2 mètre de haut, détaille Sophie Vincent, ce qui n’empêche pas le loup de sauter au-dessus pour s’attaquer à nos chèvres ».

Il y a deux ans, une bête avait déjà été tuée sur l'exploitation.Il y a deux ans, une bête avait déjà été tuée sur l'exploitation.Il y a deux ans, une bête avait déjà été tuée sur l’exploitation. ©EDG

Le problème ? Les exploitants ne sont pas propriétaires du terrain et refusent dès lors d’investir une somme considérable dans une clôture adaptée sans avoir la certitude de ne pas être expulsés un jour. « Nous souhaiterions acheter ces terrains communaux mais on nous en empêche », regrette l’agricultrice.

Le droit d’aisance

Contacté, le bourgmestre d’Aywaille confirme en effet le « litige ». « Le problème, c’est que ce sont des terrains liés à un droit d’aisance », explique Thierry Carpentier. Ce droit, spécifique à la Commune d’Aywaille, peut se transmettre de manière héréditaire et permet en effet aux citoyens qui en jouissent d’exploiter un terrain dont la propriété est communale. « Mais en raison des problèmes rencontrés au fil du temps depuis que ce droit existe », précise Thierry Carpentier, « le ministre régional a demandé que ce système soit revu. C’est la raison pour laquelle nous sommes bloqués depuis quelques années ».

Dans le cas présent toutefois, l’absence de protection face à un loup potentiel n’aurait rien à avoir avec cette situation, insiste encore le bourgmestre. « Nous n’empêchons absolument pas l’installation de clôtures sur ces terrains, ni le fait de prendre des chiens de protection. S’ils veulent mettre des barrières, ils en ont le droit ». En réalité, un conflit familial envenime la situation puisque ce n’est pas l’éleveur qui jouit de ce droit d’aisance, mais bien son père, « qui refuse (selon l’éleveur toujours) que des chiens parcourent sa propriété ».

Quoi qu’il en soit, relativement à la problématique du loup, la Commune d’Aywaille indique « essentiellement travailler sur l’aspect sensibilisation ». C’est dans ce cadre qu’une conférence a récemment été organisée. Pour le reste, c’est donc vers la Région wallonne que les victimes doivent se tourner afin d’obtenir d’éventuelles indemnités.