Le très attendu « Juste une illusion » avec Camille Cottin : le film le plus personnel d’Olivier Nakache et Éric Toledano« Ils créent des personnages qui sont très attachants »
« Il y a quelque chose de très humain et de lumineux dans leurs films. Et puis, j’aime beaucoup la comédie. C’est un genre qui est cher à mon cœur, se réjouit celle qui se fit un nom au petit écran grâce à la capsule humoristique « Connasse », au sein du « Grand Journal » de Canal + en 2013. Ils savent faire des films qui oscillent entre une émotion sincère et un humour très réjouissant. Ils créent des personnages qui sont très attachants et très galvanisants à interpréter. »
Dans « Juste une illusion », Camille Cottin campe une mère débordée dans une famille de la classe moyenne du milieu des années 1980, face à son mari, cadre au chômage (Louis Garrel) et ses deux fils. Un personnage inspiré des propres mères de Nakache et Toledano. « On prend l’histoire au moment où le père traverse un moment difficile. C’est donc la maman qui fait figure d’autorité, qui prend les choses en main. Même si le film est néanmoins dédié à leur papa à tous les deux… Le fait que ce soit la fusion de leurs deux mamans, cela permettait d’inventer un personnage. J’ai aussi pu ajouter des choses, soit de ma mère, soit de la mère que je suis », explique l’actrice. Qui souligne l’ouverture aux propositions de leurs collaborateurs du duo de cinéaste. « C’est inhérent au fait qu’au cœur même de leur collaboration, ils forment déjà une équipe. Ils travaillent ensemble, ils savent s’écouter, se nourrir de ce que l’autre propose. Ça se ressent vraiment quand on fait un film avec eux. C’est très agréable. »
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Nakache et Toledano avaient envie de raconter à leurs enfants la société qui a engendré celle dans laquelle ils vivent aujourd’hui.
Camille Cottin bientôt à l’affiche des « Misérables »
Quand on replonge dans les années 1980 décrites par « Juste une illusion », on est frappé par le fossé qui s’est creusé en 40 ans, alors que la France apparaît aujourd’hui plus divisée que jamais. « Je repensais aux années 1980. C’est fou. Il y avait quand même eu cette tribune en 1977 signée par Simone de Beauvoir, Roland Barthe, Gabriel Matzneff sur la sexualité des enfants. C’était aussi l’époque où on ne portait pas de casque, où on clopait partout. C’est moins grave, mais ça raconte quand même un truc d’une époque… Et en même temps, il y avait des choses formidables, comme on le voit dans le film, avec Touche pas à mon pote, cette unité contre le racisme. Aujourd’hui, cela semble un peu utopique. C’était aussi leur envie de raconter à leurs enfants la société qui a engendré celle dans laquelle ils vivent aujourd’hui… », commente la comédienne. Que l’on reverra, à l’automne, dans une autre grosse production française. Aux côtés de Vincent Lindon, Tahar Rahim et Benjamin Lavernhe, elle campera en effet Mme Thénardier dans l’adaptation des « Misérables » par Fred Cavayé.

Dans « Juste une illusion », Camille Cottin forme avec Louis Garrel (avec qui elle avait déjà joué dans « Mon légionnaire ») un couple de la classe moyenne. ©Cinéart »La culture a besoin d’être défendue »
Il y a deux ans, Camille Cottin était la maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes. Il y a quelques semaines, elle présidait la 51e cérémonie des César. Pour l’actrice, ce n’est pas tant la reconnaissance qui lui importe que l’envie de participer à des aventures collectives, mais aussi la tribune que cela lui offre. Son discours d’introduction des César, elle l’avait ainsi coécrit avec la Belge Éloïse Lang (cocréatrice de « Connasse ») et avec Fanny Herrero, l’une des scénaristes de la série culte « Dix pour cent » (dont la sortie du film qui lui fait suite, avec George Clooney, a été repoussée à 2027).
Camille Cottin choisie pour présider la 51e cérémonie des César
« J’avais à cœur de dire aux gens qui regardaient la télé que cette cérémonie n’était possible que grâce à eux, car ce sont eux qui font vivre le cinéma. Je voulais dire qu’il ne fallait surtout pas s’attaquer au CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), parce que c’est un système vertueux, intelligent, noble. Je trouvais qu’il y avait des choses à dire, parce que la culture a besoin d’être défendue. J’ai été très touchée de voir que l’on m’a beaucoup parlé de ce discours lors des avant-premières. Il y a des choses qui ont été dites qui avaient du sens », souligne l’actrice, très engagée sur la question de la migration (notamment aux côtés de l’association SOS Méditerranée), mais aussi sur les questions féministes.

Jim Carrey et Camille Cottin, tout sourire lors de la 51e cérémonie des César. ©AFP or licensors »Dès que le combat féministe gagne un peu de terrain, il y a immédiatement un backlash »
En 2020, Camille Cottin a ainsi créé avec la réalisatrice Shirley Kohn la société de production Malmö, spécialisée dans les sujets sociaux : droits des femmes, de la communauté LGBT… L’actrice s’inquiète d’ailleurs du retour de bâton auquel on assiste, notamment aux États-Unis, après le mouvement #MeToo.
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« C’est toujours le cas. Dès que le combat féministe gagne un peu de terrain, il y a immédiatement un backlash. J’ai l’impression que les jeunes continuent à évoluer, notamment grâce aux réseaux sociaux, même si l’on y trouve aussi beaucoup d’épouvantables masculinistes. Ces révolutions ont quand même été possibles et sont devenues mondiales grâce aux réseaux », estime celle qui, en une petite quinzaine d’années seulement, est devenue une star, et pas qu’en France. Notamment grâce à une série de pubs Nespresso aux côtés de Jean Dujardin et George Clooney…

Camille Cottin lors de la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, le 14 mai 2024 ©Marechal Aurore/ABACA
À l’international, Camille Cottin a ainsi été à l’affiche de « House of Gucci » (2021) de Ridley Scott, de « Stillwater » (2021) de Tom McCarthy ou encore de « Mystère à Venise » (2023) de Kenneth Branagh. Tandis qu’en 2027, dans « The Riders » d’Edward Berger, elle retrouvera Brad Pitt pour la troisième fois, après avoir tourné avec lui une publicité au Japon pour Wes Anderson en 2009 et après « Alliés » de Robert Zemeckis en 2016.