« Des défis et des stress importants »
Par contre, si Germain Mugemangango se dit étonné de ce départ, il se souvient qu’il y a bien eu certains débats : « Parmi les différends que nous avons eus, il y avait celui de la place du député PTB dans l’ensemble de notre collectif. »

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Il insiste à cet égard sur l’égalité entre tous dans la maison PTB : « Pour nous, c’est un principe important comme parti, que ce soit au niveau du processus des décisions du collectif dans les groupes de base et les sections ou au niveau finances : les militants élus ne sont pas au-dessus des militants qui n’ont pas de mandat. C’est un principe d’égalité qui est important pour nous. »
Dans son message sur Facebook, la députée Aït Alouha s’interrogeait sur l’intérêt d’aller chercher des travailleurs de terrain si c’était pour ne pas leur laisser de place ensuite. Le chef de groupe ne nie pas que ce recours à des gens qui ne sont pas issus de la machine politique peut parfois générer des tensions : « Nous envoyons des non-professionnels de la politique qui n’ont pas forcément des longues carrières politiques dans les parlements avec la volonté qu’ils et elles soient liés à la construction d’un rapport de force sur le terrain. Ce qui engendre des défis et des stress importants ».
Et là aussi, il reconnaît qu’il va falloir faire un petit bilan : « Nous avons connu des réussites et des difficultés. C’est un défi complexe et nous devons apprendre de chacune de nos expériences, de ce qui a fonctionné et de ce qui n’a pas fonctionné ».
« Rachida a pris comme nous cet engagement »
Mais comme pour Jori Dupont, qui a quitté le PTB début mars, les autorités du parti rappellent certains engagements en ce qui concerne le siège de la députée : ce serait normal, relaie Germain Mugemangango, que l’élu remette son mandat sur la table, en même temps que les clés de la boutique : « Chaque personne qui s’engage sur les listes du PTB s’engage en même temps à ce que son mandat soit à la disposition du collectif et non pas considéré comme une propriété personnelle. Rachida a pris comme nous tous cet engagement et il serait logique qu’il soit honoré », conclut le communiqué du chef de groupe.
Pas de commentaire par contre sur « l’instrumentalisation » des origines marocaines de la députée, telle quelle décrite dans sa publication Facebook, et rien non plus sur la posture qu’aurait adopté le PTB en ce qui concerne le Maroc, un autre reproche fait par Rachida Aït Alouha.