Toujours est-il que la justice a donné gain de cause à la journaliste.
L’ancien bourgmestre d’Andenne Claude Eerdekens perd son procès contre la journaliste de Wilfried Mélanie De Groote« La charogne »
Claude Eerdekens n’a pas voulu en rester là. Il annonça dans Le Vif qu’il attaquerait à nouveau la journaliste qu’il traita de « charogne », mais cette fois au pénal. Il menaça aussi le journaliste qui l’interrogeait, en lui conseillant d’aller « se faire foutre ». L’homme est un délicat.
Si nos confrères interrogeaient le socialiste sur cette affaire, c’est parce qu’il apparaît que, lors de son premier procès contre la journaliste de Wilfried, la commune d’Andenne a pris en charge une large part des frais d’avocat (24 000 euros, selon nos confrères). Tout n’a toutefois pas été couvert : le ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes (Les Engagés), a cassé la décision du collège qui validait cette prise en charge.
Une décision qui a conduit Claude Eerdekens à qualifier François Desquesnes de « calotin épouvantable », ajoutant : « Il représente tout ce que je méprise en politique. » La délicatesse, encore.
La publication de cet article du Vif a aussi conduit Claude Eerdekens à déclarer, dans L’Avenir, que, s’il avait eu le journaliste à ses côtés, il lui aurait mis son poing « dans la gueule », « parce que ça suffit, on ne pousse pas les gens à bout comme ça ». La délicatesse, toujours.
L’argent public d’Andenne au service de la répression médiatique
Rappelons qu’en matière de « pousser les gens à bout », Claude Eerdekens s’y connaît. Lorsqu’il était député wallon de la majorité Olivier (PS-CDH-Écolo) entre 2009 et 2014, il vouait une telle hostilité aux écologistes que, lorsqu’il siégeait en commission face au ministre Philippe Henry, il posait un nombre innombrable de questions, sur un ton laissant peu de doute quant aux sentiments qu’il lui portait. Mais passons.
Dans cette affaire, on s’étonnera surtout de ne pas entendre le PS à propos de son ancien mandataire qui – aux dernières nouvelles – est encore membre du parti. Qui ne dit mot cautionne ? On peine à le croire. Mais pourquoi alors ce mutisme ?
« Les Khmers » c’est les autres
Cette histoire pose la question de l’usure du pouvoir. Certes, il n’est pas interdit par la loi de se présenter aux élections un nombre incalculable de fois. Surtout lorsqu’on est élu.
Mais ne faudrait-il pas limiter le nombre de mandats ? Faire de la politique un métier peut conduire à certaines dérives. Celles de Claude Eerdekens ne sont pas les premières constatées, il serait peut-être bon d’y songer. Gageons que le principal intéressé − dont le fils a pris la succession au sein du collège communal d’Andenne − n’hésitera pas à fustiger cette proposition qui vaut bien celles des « Khmers verts », qualificatifs dont il aime affubler les écologistes. Un délicat, qu’on vous dit.
Et qu’il le veuille ou non, cette attitude agressive et violente donne du grain à moudre au portrait de lui qu’il a tant détesté.
Claude Eerdekens, bourgmestre d’Andenne, accusé de harcèlement sexuel