À l’intérieur, un couple recomposé et ses enfants ont vécu un véritable cauchemar. Piégés par une porte d’entrée bloquée, ils n’ont d’autre choix que de fuir par l’arrière, allant jusqu’à sauter du balcon pour échapper aux flammes. Réfugiés dans le jardin, ils seront finalement évacués par la police, contrainte de briser plusieurs clôtures pour les atteindre.

Des individus cagoulés et armés

Selon l’enquête, tout commence lorsque le père de famille est réveillé par des bruits suspects dans la cage d’escalier. En ouvrant la porte de sa chambre, il tombe nez à nez avec quatre ou cinq individus cagoulés et armés. En tentant de se défendre, il reçoit un violent coup à la main, probablement porté avec une clé à molette. Les agresseurs s’en prennent ensuite à sa compagne, frappée à la tête.

C’est l’intervention du chien de la famille qui met fin à l’agression. En mordant l’un des assaillants, l’animal provoque la fuite du commando. Mais avant de quitter les lieux, le feu est bouté au rez-de-chaussée, là où se trouvent deux scooters. Deux chiens périront dans le sinistre.

Une voiture suspecte

L’analyse des caméras de surveillance permet aux enquêteurs de retracer une partie des événements : une BMW est repérée à proximité peu avant les faits, avec plusieurs individus à son bord.

Le conducteur, placé sous bracelet électronique, reconnaît avoir servi de chauffeur, affirmant avoir participé « pour faire peur ».

Mesure de faveur pour avoir harcelé ses voisins à Maisières et détruit une clôture séparant les deux propriétés

À la barre, les versions divergent. Présentée comme l’instigatrice, la principale prévenue admet la violation de domicile, les coups et les menaces, mais nie avoir voulu un incendie. Elle affirme qu’un autre prévenu aurait agi seul, de manière imprévue. Lui rejette les accusations et désigne, à son tour, l’un des fils de la femme. Le fils aîné, également poursuivi, minimise les faits et évoque une simple intention de bagarre.

Dans ce jeu de renvois de responsabilités, un élément retient l’attention du parquet : un témoin affirme avoir vu un individu lancer un objet enflammé de la main gauche, un détail qui pourrait s’avérer déterminant.

Pour les victimes, le traumatisme est immense. Outre la violence de l’agression, elles ont tout perdu dans l’incendie et ont dû quitter la région pour se reconstruire ailleurs.

Trois à huit ans requis

Le ministère public a requis de lourdes peines : jusqu’à huit ans de prison pour l’auteur présumé de l’incendie, six ans pour l’instigatrice et son fils, et trois ans pour le chauffeur de la BMW.

La défense, elle, tente de nuancer les responsabilités et est invitée à répondre de la prévention de non-assistance à personne en danger.

Me Laura Danneau demande une peine avec sursis pour le chauffeur de la BMW, affirmant qu’il n’avait pas prévu l’incendie ni donné son accord, et qu’il s’est retrouvé impliqué par hasard dans une situation chaotique.

De son côté, Me Jean-Philippe Forgeron conteste l’accusation contre son client, soupçonné d’avoir provoqué l’incendie. Il avance que le feu pourrait avoir été allumé par un mineur, par vengeance après une morsure de chien, et plaide l’acquittement ou, à défaut, une mesure de clémence.

L’incendie est également contesté par Me Clémentine Pary, avocate du dernier prévenu. Une probation est proposée.

Enfin, Me Thomas Puccini a plaidé dans la même voie : Instigatrice de cette expédition punitive, oui. Incendiaire, non !

Le mobile de cette colère : une querelle entre jeunes… Quelle bêtise !