Évoquer un simple « malaise interne » ou réduire ces départs à la question de la rétrocession financière serait une erreur. Ce qui se répète au PTB ressemble de plus en plus à un modèle politique dirigiste qui se heurte à ses propres limites. Au cœur du problème, il y a un logiciel pour lequel le changement ne passe pas en priorité par le Parlement, mais par le rapport de force dans la rue, par la lutte des classes, par la pression des travailleurs… En attendant sa révolution, le parti marxiste progresse dans les sondages, pose des questions dans les hémicycles parlementaires, et s’y donne aussi souvent en spectacle.
À cela s’ajoute une panoplie de règles internes. Le contraste devient alors difficile à soutenir pour une partie des députés, et en particulier pour les dernières recrues qui ne partagent pas la même abnégation de ceux qui y sont nés. Les critiques sur le fonctionnement du parti sont connues. La rétrocession des salaires, l’exigence militante extrême, le contrôle des relations sociales ou même des héritages : autant de règles qui traduisent une vision totalisante de l’engagement. L’absorption d’une vie. Les députés qui ont fait défection dénoncent l’absence de respect individuel et d’équilibre, ainsi qu’une forme de sectarisme.
Et c’est souvent là que la rupture se produit tant le décalage entre le discours et la réalité leur semble invivable. L’idéologie du PTB est dangereuse et extrémiste, tout comme son insidieuse infiltration des syndicats traditionnels, des services publics et des entreprises. Une prétendue cohérence qui cache mal… une emprise. Celles et ceux qui préfèrent l’ignorer devraient prendre le temps d’écouter ces élus qui ont fui le navire pour des raisons précises. À la fois bonnes et inquiétantes.