Premier point noir : les droits des personnes en quête de protection internationale. Pour Amnesty, le gouvernement fédéral prévoit structurellement trop peu de places d’accueil, entraînant de nombreuses violations des droits humains. « Bien que, à plus de 16 000 reprises, des tribunaux nationaux et internationaux ont ordonné aux autorités belges de se conformer à leurs obligations en matière d’accueil, nos autorités ne sont jamais pleinement conformées à ces décisions. Même chose en ce qui concerne la suspension par la Cour constitutionnelle le 26 février dernier des mesures les plus récentes introduites par la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Le gouvernement choisit quels jugements il respecte et sur lesquels il s’essuie les pieds, ce qui sape l’état de droit ; c’est extrêmement grave », indique Carine Thibaut.
Le rapport accablant d’Amnesty International sur notre crise d’accueil« Engloutir les voix qui dérangent »
Le mouvement de défense des droits humains voit un autre motif d’inquiétude dans le fait que les autorités ne remplissent pas suffisamment leurs obligations relatives au respect, à la protection et à la facilitation du droit de manifester. Amnesty se dit vivement préoccupé par l’avant-projet de loi du ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), qui pourrait proposer l’interdiction et la dissolution administratives d’une association sur base de rapports issus des services de sécurité. « Il existe un risque réel de voir une brèche s’ouvrir dans le droit à la liberté d’association et qui pourrait demain engloutir toutes les voix qui dérangent », selon Mme Thibaut.
Amnesty dénonce par ailleurs l’immobilisme de la Belgique en matière de droit à l’avortement, « un réel scandale ». Carine Thibaut : « La capacité des individus à exercer leur autonomie reproductive est une question de justice, d’égalité et de respect des droits fondamentaux. Il est plus qu’urgent que, enfin, toutes les entraves et discriminations relatives au droit d’avorter soient supprimées afin de permettre l’accès de toutes les personnes enceintes à des soins de santé de qualité et prodigués dans des conditions sûres ».
Régimes autoritaires renforcés : le rapport accablant d’Amnesty InternationalEt une fois de plus, les prisons…
Enfin, Amnesty condamne, comme il le fait depuis de nombreuses années, la surpopulation carcérale et le délabrement des prisons : « Nous appelons le gouvernement à prendre urgemment ce problème à bras-le-corps et à garantir de manière continue le respect des droits fondamentaux des personnes détenues ».