La gare de Hourpes (au centre de la photo) est un peu perdu au milieu de nulle part.La gare de Hourpes (au centre de la photo) est un peu perdu au milieu de nulle part.La gare de Hourpes (au centre de la photo) est un peu perdu au milieu de nulle part. ©Google Maps

Chaque jour, une quarantaine de trains, en direction de Charleroi ou d’Erquelinnes, y font arrêt. Pour un total combiné de… cinq passagers quotidiens. Il s’agit, selon les statistiques de la SNCB, de la gare la moins fréquentée de Belgique. Bien loin des 59.000 passagers quotidiens de la Gare du Nord, à Bruxelles.

La fréquentation de la gare d’Hourpes est d’autant plus invraisemblable que ces 5 passagers quotidiens y embarquent probablement dans les trains d’heures de pointe. Pour minimum 90 % des trains qui y font halte, l’arrêt est donc totalement superflu.

D’autant plus que la gare de Thuin est à 10 minutes en voiture par la route et 15 minutes à vélo via un chemin de halage. Avec moins de 20 passagers par jour, les gares de Vijfhuizen, Callenelle, Pry, Alost-Kerrebroek, Beignée et Maubray ne font guère mieux (cf infographie).

Fermeture d’une vingtaine de gares : cherchez l’erreur !

Une situation qui existe depuis de nombreuses années mais qui, selon Georges-Louis Bouchez, ne peut plus durer. Dans un tweet posté le week-end dernier sur X, le président du MR dénonce le fait que « la structure Belgique déraille depuis plus de 30 ans. Trente ans sans réforme réelle et suffisante des pensions, de la structure de l’État pour moins de dispersion, du marché du travail. C’est ce que ce gouvernement est en train de corriger mais nous devons aller plus loin et plus courageusement sans compromission. Quoi qu’il nous en coûte. C’est notre responsabilité pour le pays. »

Georges-Louis Bouchez indique qu’il faille « réduire les dépenses publiques » et cite entre autres « qu’on ne peut plus avoir 60 gares avec moins de 100 personnes par jour qui y montent et y descendent. »

Contacté, il précise qu’un service de bus, comme les Proxibus, serait plus adapté pour transporter ces 100 personnes. « Mais plus un train. On doit avancer. Pas nécessairement en les fermant toutes en une fois mais ça n’a pas de sens de fonctionner avec des modèles comme ceux-là. »

Faut-il dès lors condamner ces gares sachant qu’y entretenir les quais et le mobilier urbain et y faire s’arrêter des trains pour que presque aucun passager n’y monte ou n’en descende génère un coût financier et environnemental important ? Arrêter puis relancer un train demande en effet une dépense énergétique inutile lorsqu’aucun passager ne monte ni descend. Cela nuit aussi à la ponctualité et au service offert aux navetteurs.

Nombre de passager par jourNombre de passager par jourNombre de passager par jour ©IPM GraphicsLa suppression de gares dans l’accord de gouvernement

Ce n’est pas une lubie du président du MR. La suppression des gares-fantômes projet fait partie de l‘accord de gouvernement. « Il s’agit de faire évoluer l’offre de la SNCB en fonction des besoins réels des voyageurs, de renforcer prioritairement les lignes à forte fréquentation et de limiter le nombre d’arrêts de train dans les gares à faible demande », lit-on dans le document. Quelques lignes plus loin, le document stipule que « les arrêts seront adaptés aux évolutions de la demande effective et potentielle, avec la possibilité d’ouvrir de nouveaux arrêts là où se sont développées de grandes concentrations de nouveaux logements, et la possibilité de fermer d’anciens arrêts actuellement désertés par les usagers. »

En mars 2025, une liste de 22 gares menacées de fermeture avait fuité. Elles sont, pour l’heure, toujours desservies.

Une nouvelle méthode de calcul

Contactée, la société ferroviaire n’a pas souhaité faire de commentaires sur une sortie qu’elle estime « politique » du président des libéraux. Elle indique toutefois avoir changé sa méthode de calcul (auparavant, un comptage était effectué une semaine par an, généralement en octobre) et serait en train de finaliser les chiffres de l’année dernière.

Quant au ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), il tient à rappeler que « la suppression d’une gare ne peut être décidée que sur présentation d’une décision émanant du CA de la SNCB », cette dernière étant autonome. Or le gouvernement n’a pas (encore) été saisi de pareille demande de la SNCB. « Par ailleurs, plusieurs gares peu fréquentées ne sont déjà desservies qu’en heure de pointe. Par conséquent, les chiffres de fréquentation de ces gares ne peuvent forcément être comparés aux chiffres de gares où des trains s’arrêtent 28 à 36 fois par jour. »

Enfin, fermer un point d’arrêt ne ferait économiser que 20.000 € par an en frais annuels d’entretien des abords et des terminaux de ventes présents dans ces points d’arrêts.