« Je serai l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien, mais… ne me quitte pas », chantait Jacques Brel. C’est pourtant exactement ce que Laurie, incarnée par Jeanne Bournaud, fait dans la nouvelle minisérie de Michel Bussi, « L’ombre de ton ombre », à découvrir en primeur pour les Belges ce mardi 21 avril, et plus tard sur TF1 : elle quitte son compagnon, comme ça… sans la moindre explication.

Après les séries originales (et très discutables) « L’île prisonnière » et « La vallée fracturée », ainsi que l’adaptation de son livre « Rien ne t’efface », le romancier à succès signe ainsi une nouvelle fiction inédite pensée directement pour la télévision. Un thriller psychologique en quatre épisodes seulement, mais quatre épisodes d’une redoutable efficacité !


L’histoire commence lorsque Georges reçoit une lettre signée de son épouse, disparue il y a trois ans. « Je vais bien, je vous aime », a-t-elle écrit sur du papier à lettres rose. Impossible, puisqu’elle a été déclarée morte deux ans plus tôt ! Et pourtant, c’est bien son écriture. Le commandant de police Stanislas Léger, dit Stan, peine toutefois à croire à sa « résurrection », et pense plutôt à une blague de très mauvais goût… jusqu’à ce que sa propre compagne, Laurie, se volatilise à son tour, laissant derrière elle ces quelques mots, « Ne me cherche pas, c’est mon choix », posés sur le même papier à lettres rose.




Avec sa collègue Emmanuelle, Stan se lance alors dans une enquête aussi troublante qu’inquiétante, remontant la piste de Laurie, aperçue pour la dernière fois en pleine panique dans un supermarché, d’où elle s’est enfuie en courant. Mais pour échapper à qui, et pour aller où ?

Entre le thriller psychologique et le drame familial, cette série, tournée dans le nord de la France, à la côte et du côté de Roubaix, nous entraîne dans une histoire plus complexe qu’il n’y paraît. Portée par des acteurs assez justes, elle donne envie d’aller jusqu’au bout : on veut comprendre qui est vraiment Laurie, ce qu’elle cache… et qui la traque.

Dans le rôle de celle qui fuit, Jeanne Bournaud, complice de François-Xavier Demaison dans « Le négociateur », se révèle énigmatique et insaisissable. Son homme, Stanislas, est campé par un Jean-Michel Tinivelli (« Alice Nevers », « Simon Coleman ») à la fois perdu et déterminé à faire la lumière sur cette mystérieuse affaire, tandis que Dounia Coesens (« Plus belle la vie », « Tom et Lola ») prête ses traits à Emmanuelle, collègue de Stan et amie de Laurie. Laquelle, elle aussi, semble cacher quelque chose dans cette intrigue pleine de suspense et de rebondissements. Enfin, le casting est complété par Julie Debazac (« Demain nous appartient ») et Hubert Delattre (« Erica »).

Un auteur prolifique

Avec « L’ombre de ton ombre », Michel Bussi confirme, une fois encore, son impressionnante productivité. Entre publications, projets télévisuels et adaptations, l’auteur multiplie les formats sans jamais délaisser ce qui fait sa marque de fabrique, le goût du twist et des intrigues à tiroirs. Sa méthode est d’ailleurs bien connue : commencer par la fin pour mieux piéger le lecteur.


Depuis les « Nymphéas noirs », en 2011, l’écrivain d’aujourd’hui 60ans s’est ainsi imposé comme l’un des auteurs à suspense les plus lus en France, à l’origine d’une flopée de best-sellers, dont plusieurs ont déjà été portés à l’écran (« Le temps est assassin », « Un avion sans elle », « Maman a tort »…). Ce jeudi 16 avril, il fait d’ailleurs (aussi) son retour en librairie avec « Que la mort nous frôle », un huis clos psychologique sombre et haletant, dans lequel une jeune psychiatre spécialisée dans les traumatismes est confrontée à une série d’événements étranges au sein d’un établissement psychiatrique.

Et en août dernier, il publiait encore « Les ombres du monde » – qui n’a rien à voir avec la fiction de la Une –, un thriller historique qui, lui, raconte, à travers une histoire d’amour entre un militaire français et une jeune Rwandaise, le génocide des Tutsis au Rwanda, en 1994. « Ces histoires totalement inventées font qu’une nouvelle génération continue de savoir ce qui s’est passé », défend Bussi. « Évidemment, la fiction est une forme de mensonge, toujours, mais c’est un mensonge qui permet, j’espère, d’éclairer les ombres du monde… » Une manière de rappeler que, chez lui, le divertissement n’est jamais totalement déconnecté du réel.

« L’ombre de ton ombre » (série), mardi 21 avril, 20h15, la Une