Face à la nouvelle réglementation moteur, les instances de la Formule 1 ont voulu se prémunir contre tout risque d’une domination sportive durable en introduisant dans les règles un mécanisme permettant aux constructeurs en retard sur la référence de bénéficier d’avantager supplémentaires pour améliorer leur unité de puissance.

Ce filet de sécurité, c’est l’Additional Design and Upgrade Opportunities (« Opportunités supplémentaires de conception et de mise à niveau »), aujourd’hui largement connu sous son acronyme, ADUO. 

L’idée de base de ce dispositif réglementaire est, pour la FIA, de mesurer à intervalles réguliers (toutes les six courses) la puissance des moteurs thermiques. Pour tout motoriste dont les performances seraient entre 2 et 4% inférieures au moteur de référence, une opportunité supplémentaire d’évolution serait accordée. Au-delà de 4%, deux évolutions peuvent être mises en place.

Toutefois, ce système simple en apparence a forcément été rendu compliqué par l’évolution imprévue du calendrier F1 en saison de la Guerre d’Iran. Des discussions ont lieu pendant la pause improvisée sur le sujet, avec évidemment en toile de fond la question des constructeurs pouvant potentiellement en bénéficier.

Wolff serait « déçu » si la hiérarchie changeait
Le directeur de Mercedes, Toto Wolff, espère une application stricte des principes de l'ADUO.

Le directeur de Mercedes, Toto Wolff, espère une application stricte des principes de l’ADUO.

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images

Dans ce contexte, Toto Wolff, le directeur de Mercedes – qui semble aujourd’hui être la référence côté moteurs – a pris la parole sur le sujet, dans le cadre d’une rencontre avec les médias, dont Motorsport.com. L’Autrichien a particulièrement insisté sur le besoin de transparence et de précision de la FIA.

« Le principe de l’ADUO était de permettre aux équipes en difficulté, au niveau de l’unité de puissance, de rattraper leur retard, mais pas de dépasser leurs concurrents », a ainsi rappelé Wolff.

« Et il faut qu’il soit très clair que, quelles que soient les décisions prises, quelle que soit l’équipe à laquelle un ADUO est accordé, une telle décision peut avoir un impact considérable sur les performances et sur le championnat si elle n’est pas prise avec une précision, une clarté et une transparence absolues. »

« Il faut qu’il soit clair que les stratagèmes politiques n’ont pas leur place ici. C’est dans un bon esprit que la FIA doit agir en matière d’ADUO. »

Il y a un motoriste en particulier qui rencontre des difficultés et que nous devons aider. Quant aux autres, ils se situent tous à peu près au même niveau.

Pour Wolff, actuellement, le principal bénéficiaire de l’ADUO devrait être Honda, qui semble être le seul motoriste véritablement en difficulté. 

« Bien sûr, chaque écurie aura ses propres données de performance. D’après ce que je constate, il y a un motoriste en particulier qui rencontre des difficultés et que nous devons aider. Quant aux autres, ils se situent tous à peu près au même niveau. »

Une façon pour le patron de Mercedes d’insister sur l’idée d’un mécanisme d’aide et non sur un possible instrument de modification de la hiérarchie pour permettre à certaines équipes de gagner des places grâce aux opportunités de développement supplémentaires.

« Je serais très surpris, et déçu, si les décisions concernant l’ADUO venaient à interférer avec la hiérarchie telle qu’elle se présente actuellement. »

Et Ferrari dans tout ça ?
Charles Leclerc, Ferrari

Charles Leclerc, Ferrari

Photo by: Ferrari

Depuis le début de la trêve imprévue du mois d’avril, beaucoup de questions se posent concernant Ferrari, principale écurie d’usine capable, brièvement, de rivaliser avec Mercedes.  

Les dirigeants de la Scuderia, son team principal Frédéric Vasseur en tête, n’ont pas caché que l’ADUO pourrait être un moyen pour le constructeur de Maranello de se rapprocher : « L’introduction de l’ADUO nous offrira une opportunité de réduire l’écart », expliquait ainsi le Français à Shanghai.

Reste évidemment à savoir si Ferrari en bénéficiera bien. Certains rivaux de la structure italienne n’ont pas manqué de souligner que certains choix stratégiques – comme le turbo plus réduit que la plupart des concurrents – pourraient avoir une influence sur le calcul de la puissance.

Wolff assure ne pas être particulièrement inquiet sur ce sujet, tout en insistant sur un dispositif ADUO devant rester fidèle à l’esprit des règles. « Je ne dirais pas que ça m’inquiète. »

« Je pense que nous suivons tous de près la manière dont les décisions sont prises. Nous disposons de données précises, issues de nos propres analyses, qui nous permettent de comparer les performances de nos moteurs à celles de nos concurrents. »

« À cet égard, je pense que la FIA examine les mêmes données et j’espère vivement qu’elle continuera à se considérer comme la garante de l’intégrité de la discipline. Car on ne souhaite pas autoriser l’utilisation d’un ADUO pour une écurie qui en dépasserait soudainement une autre. »

« Le système ADUO a toujours été conçu comme un mécanisme de rattrapage et non comme un mécanisme de dépassement. »

Avec Ronald Vording

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