La solution à deux États est la seule «façon pour les Palestiniens comme pour les Israéliens de vivre en sécurité, dans la dignité et dans la paix», a indiqué de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas

L’Union européenne a affiché lundi à Bruxelles son soutien aux Palestiniens, au moment où les États-Unis et leur allié israélien sont engagés depuis des semaines dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient. «Nous nous retrouvons au milieu de la tempête», a affirmé le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, à l’ouverture d’une réunion de l’Alliance mondiale pour la solution à deux États entre Israël et la Palestine. Celle-ci est la seule «façon pour les Palestiniens comme pour les Israéliens de vivre en sécurité, dans la dignité et dans la paix», a indiqué de son côté la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, aux côtés du Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa.

«Nous nous réunissons aujourd’hui à un moment marqué à la fois par une tragédie immense et par une étroite opportunité concrète de passer de la guerre à une paix juste et durable, rendue possible par la solution à deux États», a indiqué M. Mustafa, qui est aussi ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne. L’Union européenne est le principal soutien économique et financier de l’Autorité palestinienne, qu’elle encourage à se réformer dans le cadre de ses efforts pour faciliter une solution à Gaza et pour l’ensemble des Palestiniens.


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Difficultés pour les pays d’adopter des positions fortes

Paralysés par leurs divisions, les pays de l’UE ont jusqu’à présent éprouvé les plus grandes difficultés à adopter des positions fortes depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. La Commission européenne a ainsi proposé aux 27 de suspendre totalement ou partiellement l’accord d’association entre l’UE et Israël. Faute de majorité suffisante, cette mesure est pour l’instant restée lettre morte. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouvent mardi à Luxembourg et l’Espagne demandera à cette occasion la suspension de cet accord, considérant qu’Israël «viole le droit international», a annoncé le Premier ministre Pedro Sánchez. L’Irlande, la Slovénie et l’Espagne ont adressé vendredi une lettre à la Commission européenne pour réclamant un réexamen de cet accord d’association entré en vigueur en 2000.

Sanctions contre des colons israéliens

Il est cependant peu probable qu’un accord puisse être trouvé, compte tenu des réticences de plusieurs pays dont l’Allemagne, selon des sources diplomatiques. L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël. La Commission européenne a également proposé que l’UE prenne des sanctions contre des colons israéliens extrémistes en Cisjordanie, mais celles-ci sont bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie. L’UE espère que la défaite électorale du premier ministre hongrois Viktor Orban le 12 avril permette de changer la donne, mais rien n’est moins sûr. Les 27 devraient en discuter mardi à Luxembourg, mais aucun accord n’est attendu, selon des sources diplomatiques. L’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États a été lancée en septembre 2024 à l’initiative de l’Arabie saoudite, avec le soutien de la France, mais sans celui des États-Unis qui n’y participent pas.