Une plainte déposée contre Elisabeth Degryse et sa cheffe de cabinet : que reproche-t-on à la ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

« J’ai été interrogée au parlement lors des questions d’actualité. Ce n’est absolument pas le bon moment pour amener des chiffres », vu le peu de temps dont disposent les ministres pour répondre, a d’emblée pointé Elisabeth Degryse. Au parlement, cette dernière avait fait état d’un montant forfaitaire unique de 2.500 euros octroyé aux hautes écoles et de 3.500 euros aux universités, quel que soit le nombre de leurs représentants.

« Un budget prévu par Wallonie-Bruxelles International »

« Ce genre de mission, particulièrement au Québec, offre par ailleurs un retour sur investissement très important. Et être sur place, c’est vraiment essentiel », a ajouté la ministre-présidente. « Le coût s’élève à 300.000 euros pour la FWB, peut-être un peu plus; peut-être un peu moins. Mais ce ne sont pas des moyens supplémentaires que l’on dégage: c’est un budget prévu par Wallonie-Bruxelles International (WBI) », a-t-elle poursuivi « en toute transparence ». En 2026, le budget global de WBI –  l’organisme public chargé des relations internationales pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles – atteint 89 millions d’euros, a de son côté précisé Pascale Delcomminette.

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« L’opposition est dans son rôle mais je refuse qu’on nous fasse un mauvais procès. Ce qui est intéressant, c’est le contenu. Et la vraie question, c’est ce que ça rapporte ensuite », a encore plaidé Elisabeth Degryse en évoquant, à titre d’exemple, « le bond de géant en matière d’intelligence artificielle que vont permettre, pour la FWB, les rencontres organisées cette semaine ».

Dans une carte blanche publiée ce mardi dans La Libre, Stéphane Moyson, professeur de sciences politiques et administratives à l’UCLouvain – FUCaM Mons, ne dit pas autre chose. « Rien ne remplace le contact humain direct. À l’heure des visioconférences et des échanges numériques, les rencontres en présentiel conservent une valeur essentielle. Elles permettent d’établir un climat de confiance, de multiplier les interactions informelles et d’ouvrir des perspectives qui, bien souvent, ne se concrétisent pas derrière un écran. Dans des domaines aussi relationnels que les affaires ou la recherche, cette dimension reste déterminante », écrit-il notamment.

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« Ces missions créent aussi un contexte propice à l’émergence de collaborations qui n’auraient pas vu le jour autrement. Elles offrent aussi un cadre politique et symbolique facilitant la conclusion d’accords, en leur donnant visibilité et crédibilité. La présence d’une délégation officielle peut, à elle seule, accélérer des processus de négociation parfois longs et incertains », ajoute-t-il.

Pour autant, elles ne sont pas exemptes de toutes critiques. « Ces missions ne sont ni des dépenses superflues ni des instruments parfaits. Elles constituent des outils utiles, parfois efficaces, mais perfectibles. Plutôt que de les rejeter en bloc ou de les défendre sans réserve, il importe de les interroger dans leur fonctionnement, leur ampleur et leurs résultats. C’est à ce prix qu’elles pourront pleinement remplir leur rôle au service du développement économique et académique de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles », conclut Stéphane Moyson.