Au cœur de l’actualité pendant plusieurs années, le Covid-19 a disparu des radars… Pourtant, la maladie circule toujours et continue de frapper, notamment les plus fragiles. C’est la raison pour laquelle, ce printemps-ci encore, l’Assurance maladie lance, du 20 avril au 30 juin 2026, une campagne nationale de rappel de vaccination. L’Agence régionale de santé (ARS) indique qu’elle s’adresse particulièrement « aux personnes âgées de 80 ans et plus ; aux patients immunodéprimés ; aux résidents d’Ehpad et d’Unités de soins de longue durée (USLD), quel que soit leur âge » ; et plus globalement « à toutes les personnes à très haut risque selon chaque situation médicale individuelle et dans le cadre d’une décision médicale ».

En principe, toutes ces personnes à risque ont dû recevoir de la part de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) un courrier d’invitation pour effectuer ce rappel, nécessaire tous les six mois (1) afin d’être prémunis contre les variants du virus. Mais quand bien même ce ne serait pas le cas, « elles peuvent de leur propre initiative demander à se le faire injecter en se tournant vers leur médecin, infirmier, sage-femme ou pharmacien », précise Mathieu Quatresous, pharmacien à Châteauroux.

« Une forme de lassitude de certains patients »

Également coprésident du syndicat des pharmaciens de l’Indre, il indique que la fin de la prise en charge par la Sécurité sociale des tests antigéniques a réduit la visibilité sur le nombre de cas de Covid-19 : « Auparavant, ces tests donnaient un reflet des contaminations. Maintenant, les gens achètent des tests et les font chez eux, ce qui fait qu’il n’y a pas de retour systématique sur les résultats. » De plus, « les traitements étant similaires pour la grippe, le Covid ou un syndrome grippal, il est difficile de savoir s’il s’agit réellement du Covid ».

« Éviter les formes graves »

Les derniers bulletins de Santé publique France pour la région font état, pour le Covid-19, d’une « activité faible aux urgences hospitalières et chez SOS médecins ». Mais l’enjeu de cette campagne de rappel est d’anticiper. Car « l’été, on a beaucoup de Covid, c’est impressionnant, témoigne Hélène Lopin, de Châteauroux, présidente de la Fédération nationale des infirmiers de l’Indre (FNI 36) et secrétaire de la catégorie infirmiers de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS). Cela fait deux années de suite que je le constate, fin juin et début juillet ».

Hélène Lopin, de Châteauroux, présidente de la Fédération nationale des infirmiers de l’Indre (FNI 36) et secrétaire de la catégorie infirmiers de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS).

Hélène Lopin, de Châteauroux, présidente de la Fédération nationale des infirmiers de l’Indre (FNI 36) et secrétaire de la catégorie infirmiers de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS).
© (Photo fournie par Hélène Lopin)

Et pour cause : « Les gens sont moins motivés pour se faire vacciner en été : ils pensent que le Covid-19 est une maladie hivernale… Mais non, elle se propage toute l’année. » Et encore plus « pendant les rassemblements familiaux lors des beaux jours ». Sans compter « une forme de lassitude de certains patients » ou les réticences d’autres « qui interrogent leur entourage, qui peut être anti-vaccin, avant de prendre une décision ». Les infirmières doivent donc redoubler de persuasion pour souligner l’importance de la vaccination, notamment « pour éviter les formes graves de la maladie, surtout chez les personnes âgées fragiles ».

Une facilité d’accès prépondérante

La facilité d’accès à la vaccination est également prépondérante. C’est pourquoi celle-ci est prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale pour les patients éligibles. Par ailleurs, pour les plus fragiles qui ne peuvent pas se déplacer, Hélène Lopin explique que les infirmières organisent des après-midi de vaccination à domicile. La vaccination est aussi possible, sur rendez-vous, en cabinet. Et en milieu rural, les infirmières peuvent travailler en collaboration avec les pharmacies : « Si une seule personne doit être vaccinée, la pharmacie peut préparer une dose individuelle à récupérer. »

De même, dans la plupart des pharmacies, la vaccination se fait désormais sans rendez-vous. « Les pharmacies ouvrent le nombre de flacons nécessaires et, en fonction du nombre de demandes dans la journée, elles ouvrent un ou plusieurs flacons, détaille Mathieu Quatresous. Cependant, certaines peuvent encore prendre des rendez-vous en raison de la gestion des doses (un flacon contient six doses et il est préférable de ne pas gaspiller) ».

Tout est donc mis en place pour permettre à tous les Indriens, même les plus fragiles, de passer des beaux jours sereins en famille.

Les coordonnées des différents professionnels de santé proposant ces rappels de vaccination sont disponibles sur le site santé.fr/vaccination/

(1) « Dans certains cas particuliers, pour les personnes vraiment à risque, le médecin peut définir que le rappel peut être fait à trois mois, précise Mathieu Quatresous. Cependant, si le vaccin a été fait il y a moins de six mois, il n’est pas possible de faire un rappel. »