En République démocratique du Congo (RDC), on s’achemine vers une révision de la Constitution. L’Union sacrée de la nation, la coalition du président Félix Tshisekedi, ouvre le débat sur la révision de la Constitution. Son secrétaire permanent, André Mbata, a publié, ce lundi 20 avril, un communiqué dans lequel il invite à une réflexion sur le sujet.
Publié le : 20/04/2026 – 17:41Modifié le : 21/04/2026 – 04:19
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Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi
André Mbata, le secrétaire permanent de la coalition au pouvoir en RDC, est assez large puisqu’il ne se limite pas à solliciter uniquement les membres de sa coalition. Il invite « les partis, les regroupements politiques, les ONG, les associations, les confessions religieuses, les syndicats, les ordres professionnels, les juristes ou encore tous les patriotes congolais » à faire part de leur proposition, dans un délai d’un mois.
Après ce 20 mai, toujours selon André Mbata, une commission technique doit être mise en place pour faire le point sur tout ce qui aura été soumis. Puis un rapport sera remis au président de la République. À lui, ensuite, de faire un « arbitrage ».
Alors, cette question d’une éventuelle réforme constitutionnelle est aujourd’hui très présente dans le débat public. Pour preuve, ce week-end, le secrétaire général du parti au pouvoir l’UDPS, Augustin Kabuya, a écarté toute discussion sur une possible succession du chef de l’État.
« Pas question de parler de dauphin, tant que le chef est encore là », a-t-il dit.
Pour rappel, Félix Tshisekedi arrivera à la fin de son deuxième mandat, en janvier 2029. Les élections sont-elles prévues pour le 20 décembre 2028 ? Une réforme constitutionnelle pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat, ce qui est dénoncé par l’opposition et par plusieurs organisations de la société civile.
L’opposition rejette l’initiative Mbata
Pas question de s‘impliquer dans ce projet pour les opposants, affirme le député Christian Mwando. Cet élu du parti de Moïse Katumbi, et surtout président du seul groupe de l’opposition à l’Assemblée nationale, estime qu’il s’agit d’une manœuvre du camp au pouvoir.
« En réalité, il s’agit d’une fuite en avant du pouvoir en place pour essayer de faire un forcing, changer la constitution et donner un troisième mandat à Félix Tshisekedi. Bien évidemment, nous, en tant qu’opposition, nous n’allons pas participer à cette initiative et nous allons mettre tout en œuvre pour faire barrage à cette initiative qui n’a qu’un seul but, celui de fournir un mandat supplémentaire à Tshisekedi. Ce que nous ne pouvons accepter ».
Même position pour la coalition de Martin Fayulu. Il y a des sujets plus importants à régler aujourd’hui pour Prince Epenge, le porte-parole de Lamuka. « S’il y a bien des consultations à mener, c’est pour résoudre la question de l’eau, de l’électricité, de l’insécurité, des manque d’emplois, de la pauvreté qui gagne toutes les provinces du Congo ».
Et une grande partie de l’opposition continue de réclamer le dialogue inclusif avant tout autre initiative.
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