Ce projet, s’étendant du rond-point Louise à la Porte de Namur, prévoit, pour rappel, des pistes cyclables séparées, des trottoirs élargis, la plantation d’environ 50 arbres, la réduction des voies de circulation et du stationnement. Le trafic de l’axe central, via le tunnel, ne serait, quant à lui, pas modifié.

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©D.R.Des permis délivrés… mais en attente
Dans ces temps d’économies et après des affaires courantes prolongées, le cas des Champs-Élysées bruxellois n’est pas isolé. L’accord de majorité du nouveau gouvernement ne mentionnant pas en détails les dossiers conservés et abandonnés, le nouvel exécutif se retrouve en effet avec une série de permis accumulés, obtenus sous la précédente législature.
C’est le cas pour l’avenue de la Toison d’Or mais également pour l’avenue Charles-Quint, la chaussée de Ninove ou encore la place Meiser. Au vu de la trajectoire budgétaire, tout ne sera pas exécuté et des dossiers vont passer à la trappe, nous dit-on dans la machine bruxelloise.
Parallèlement au sort des tunnels et des viaducs, le gouvernement Dilliès est appelé à se pencher sur ces arbitrages budgétaires avant l’été pour l’élaboration des « Plans pluriannuel d’investissement » (PPI). « À présent qu’un nouveau gouvernement est en place, il me semble pertinent de relancer les discussions sur ce dossier en concertation avec le ministre-président et l’ensemble du gouvernement », a laconiquement évoqué l’écologiste devant le Parlement à propos de l’avenue de la Toison d’Or.
Pour rappel, l’exécution du chantier entre la Porte de Namur et Louise a été confiée à Beliris (fédéral) avec un budget de seize millions d’euros. Cette enveloppe est toujours disponible, entend-on, mais gelée. Judiciairement, d’une part, par les actions en cours. Politiquement, d’autre part, tant que l’ensemble des partis de la nouvelle coalition Dilliès n’a pas donné son feu vert.
Faut-il supprimer certains tunnels bruxellois ? « Cela permettrait de refaire de l’avenue Louise une belle promenade »« Ce projet a 10 ans, je n’ai jamais ressenti un véritable emballement », pointe Close
À Bruxelles, la récente citation en faillite du promoteur immobilier des galeries Louise a remis le haut de la ville sous le feu des critiques. Disparition du « chic », perte d’attrait, dénonçaient dans un reportage de La DH des commerçants et visiteurs. « Il y a un fantasme de dire que le luxe va partir de Bruxelles, mais on voit le contraire. À part à Anvers, il n’y a pas d’autre artère comme ça en Belgique. On a la chance d’avoir une telle artère de luxe. Ce boulevard est un véritable fleuron », défend Philippe Close (PS). Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, il est cependant plus que temps que l’axe (boulevard de Waterloo et de l’avenue de la Toison d’Or) s’offre un lifting. « Cela fait des années qu’on en parle. Les gens sont en attente. »
Ce mardi, la ministre Elke Van den Brandt (Groen) appelait notamment à exécuter le permis obtenu en 2022, mais gelé à cause de recours, prévoyant de transformer l’axe en « Champs-Élysées bruxellois ». « Ce projet a 10 ans », tempère le socialiste, qui demande à revoir le dossier. « Je me réjouis que la ministre veuille avancer. Mais mettons les acteurs autour de la table, travaillons avec les commerçants. Je ne dis pas que tout est à jeter. Mais je n’ai jamais ressenti un véritable emballement pour ce projet. »
Changement de sens rue du Grand Cerf
À noter : la Ville de Bruxelles vient de prendre une nouvelle mesure de circulation visant à désengorger en partie le rond-point Louise. Dès le 4 mai ; la rue du Grand Cerf changera de sens. Une demande qui avait notamment été mise en lumière par un commerçant désespéré par la congestion, interviewé dans La DH en janvier.
Cela permettra aux conducteurs venant de la latérale du boulevard de Waterloo de rejoindre Poelaert et donc les tunnels sans passer par le rond-point Louise. « Ce ne sera pas un miracle, je sais bien. Mais nous travaillons sur les voiries de la Ville », pointe le bourgmestre.