Des liens entre notre minuscule royaume à l’échelle planétaire et l’une des plus grandes superstars mondiales de l’époque – si pas la plus grande – il en existe encore d’autres. L’ouvrage qui les détaille est écrit par la main adoratrice du président du fan-club belge de la star (MJBackstage), Christophe, déjà co-auteur d’un guide du voyage consacré au roi de la pop, Sur les pas de Michael Jackson.

Le biopic « Michael » consacré à Michael Jackson: un hommage musical captivant mais qui fait l’impasse sur les polémiques« Il restait plutôt cloîtré dans sa chambre d’hôtel »

Les quelque 120 pages évoquent ces petits détails – méconnus du grand public – de la carrière du chanteur, des souvenirs de concerts et proposent des entretiens exclusifs avec des Belges ayant collaboré avec la star décédée en 2009. Car si on ne peut pas à proprement parler d’une histoire d’amour entre Michael et la Belgique, il y a eu des collaborations et elles vont vous surprendre. « Au fil des années, je me suis aperçu qu’il existait des connexions entre Michael Jackson et notre pays. Je me suis dit que le public devait prendre connaissance de ces histoires alors je les ai toutes compilées dans un livre », explique l’auteur.

Jusqu’ici, tout ce qui semblait lié l’interprète de « Smooth Criminal » au plat pays de Brel, c’étaient les trois concerts donnés entre 1988 à Werchter à l’occasion du Bad Tour et 1997 à Ostende pour le HIStory Tour. « Des concerts un peu banals, pendant lesquels Michael Jackson n’a pas vraiment visité la Belgique. On ne peut même pas se dire qu’il a posé pour une photo devant l’Atomium. Il restait plutôt cloîtré dans sa chambre d’hôtel. Mais en creusant, on découvre des choses ».

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Parmi ces trouvailles, il y a l’aventure de cette Belge exilée aux États-Unis, Christine Decroix, dites « Coco ». C’est elle qui a écrit les paroles de l’unique chanson en français du répertoire de Michael Jackson. Par l’intermédiaire de son ami Quincy Jones, elle a fait connaissance avec le Roi de la Pop dans les années 80. Elle laisse un jour traîner un bout de papier dans un studio d’enregistrement dans lequel le chanteur préparait Bad (1987), sur lequel elle a griffonné ces mots : « Je ferme les yeux, je me sens fiévreux ».

Il n’en fallut pas plus pour attirer l’attention de celui qu’on surnommait Bambi, qui lui demande par la suite de réécrire en français le texte de sa chanson « I Just Can’t Stop Loving You » devenue « Je ne veux pas la fin de nous ». « Elle n’est pas du tout autrice à la base, elle n’avait jamais fait ça, commente Christophe. Cela montre la manière Jackson : il peut claquer des doigts et avoir tous les auteurs du monde, mais il préfère fonctionner aux coups de cœur. »

Malgré les polémiques, le biopic sur le roi de la pop Michael Jackson est prêt à conquérir les sallesMichael Jackson et la Belgique, une affaire bien plus riche que vous ne l'imaginezMichael Jackson et la Belgique, une affaire bien plus riche que vous ne l'imaginez ©Bernard Demoulin »Sur scène, il se lâchait, il n’était plus la même personne »

Les recherches de l’auteur l’amèneront aussi à rencontrer François Glorieux, décédé en 2023, qui a fait une carrière internationale dans la musique classique, dirigé les plus grands orchestres du monde et travaillé avec Maurice Béjart. C’est à ce Belge que Michael Jackson a demandé d’arranger certains de ses succès pour être interprétés par des orchestres classiques.

Il y a aussi eu l’organisateur de concerts Paul Ambach ou encore le dessinateur Roger Meert qui a réalisé les croquis d’une série de peluches officielles du Roi de la Pop, les Michael’s Pets. Celles-ci devaient représenter la ménagerie du zoo privé de la star à Neverland. Malheureusement, seuls quelques exemplaires ont été produits avant que le projet ne tombe à l’eau.

L’auteur a également rencontré Brahim Rachiki, danseur belgo-marcocain qui a travaillé comme second assistant chorégraphe sur le spectacle This Is It, à savoir les 50 concerts que Michael Jackson devait donner à Londres du 13 juillet 2009 au 6 mars 2010 et qui n’auront pas lieu, suite à son décès.

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Tous ces collaborateurs occasionnels ont eu des contacts personnels avec la star, au détour d’un studio, le temps d’un dîner dans sa maison à Hayvenhurst (Los Angeles) ou lors de répétitions. « Pour eux, c’était une sorte de sommet. Ils ne se rendaient pas trop compte sur le moment de ce qui leur arrivait. Christine Decroix raconte qu’avant de le voir performer, elle ne réalisait pas l’ampleur du phénomène. C’était quelqu’un de réservé, timide. Par contre, lorsqu’il montait sur scène, il se lâchait, il n’était plus la même personne ».

Christophe assure que chacun a gardé de cette rencontre avec la star internationale un « super souvenir ».

Le rêve américain

Dans son livre, le big boss du fan-club belge dévoile aussi d’autres à-côtés, plus inattendus les uns que les autres. Et il a encore bien d’autres histoires à raconter, pourquoi pas dans une prochaine parution ? Comme le destin de Christophe Boulmé, un Français cette fois, directeur artistique du magazine Black and White consacré à l’icône de la pop à la fin des années 90. « Il a été repéré par Michael Jackson. De fil en aiguille, il s’est retrouvé à réaliser des pochettes de single, comme celle de ‘Ghosts’ où le chanteur est à moitié squelette. Il a été l’un des seuls photographes autorisé à faire des photos librement lors des tournages de clips ».

Le fan qui devient collaborateur de son idole, un bel exemple de rêve américain, dont Michael Jackson détenait le secret comme personne.

Christophe Charlot, La Belgique de Michael Jackson, Ed. Chronica, 2019, 124 pages.