À seulement 19 ans, le Français Paul Seixas a signé un nouveau record de précocité en devenant mercredi le plus jeune vainqueur de la Flèche Wallonne (1.WorldTour), au bout du sprint au Mur de Huy après 200 km depuis Herstal.
La course était ouverte en l’absence des cadors du peloton, tels que le tenant du titre Tadej Pogacar ou Remco Evenepoel, et les 1.300 m du chemin des Chapelles à 10% de pente moyenne ont décidé du classement.
Une victoire qui n’est déjà plus une surprise
C’est tout de même assez fou, quand on prend un peu de recul, de se dire que la victoire au sommet du Mur de Huy d’un jeune coureur de 19 ans qui dispute sa toute première Flèche wallonne n’est déjà plus une surprise. On l’avait affublé du statut de super favori comme quand Pogacar ou van der Poel, par exemple, prennent le départ d’une course. Il est toujours plus simple de garder la tête froide et de courir avec maturité lorsqu on s’appuie sur des superjambes mais le sang-froid du coureur de chez Decathlon CMA CGM m’a tout de même bluffé. Il s’est retrouvé assez tôt en tête à l’approche du virage Criquielion ans l’ultime ascension mais ne s’est jamais enflammé. On dirait qu’il a déjà dix ans de métier derrière lui…
Il est prêt à battre Pogacar et Remco à Liège
La victoire de Paul Seixas ce mercredi est sans doute une bonne chose pour… Remco Evenepoel à Liège-Bastogne-Liège. Je m’explique. Derrière Tadej Pogacar, qui restera le favori cinq étoiles pour la Doyenne dimanche, le Belge n’endossera pas seul le costume d’outsider numéro un et les UAE n’auront pas les yeux braqués que sur le double champion olympique. Cela pourrait permettre davantage d’ouvertures. À mes yeux, avec son audace et son talent, le Français est prêt à battre ses deux aînés sur Liège-Bastogne-Liège, il en a les moyens. L’année dernière, à l’Euro, il n’était déjà pas très loin de leur niveau. Et quand on voit les progrès qu’il a effectués depuis lors, cela promet pour ce week-end ! On va assister à un super spectacle.
Il progresse à la vitesse d’un TGV
Dans la semaine qui précédait le Tour des Flandres, j’ai été l’invité d’honneur d’un club du Beaujolais par lequel est passé Seixas pendant deux saisons dans les catégories de jeunes. J’ai demandé aux formateurs si ses datas étaient déjà impressionnantes à cette époque et j’ai presque dû me pincer pour être certain d’avoir bien entendu des valeurs que j’ai assuré de garder confidentielles. C’était énorme ! Ce qui fait la particularité du Lyonnais, c’est qu’au-delà de ce talent hors norme, il progresse à la vitesse d’un TGV. Entre le début de saison et cette semaine ardennaise, il n’a pas arrêté de s’améliorer. Si cela continue de la sorte, il pourrait bien incarner le principal de Pogacar sur le prochain Tour de France.
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