Le cas de Laurence est très révélateur. Elle est conseillère en prévention — c’est-à-dire que son métier consiste précisément à anticiper et prévenir ce genre de situation. Après deux absences d’un an chacune, elle n’a bénéficié d’aucun parcours de réintégration.

“Des aménagements auraient dû être prévus : du télétravail, des moyens logistiques, des formations, et surtout la définition de missions claires. Je n’ai bénéficié de rien.” Même les professionnels de la prévention ne sont pas épargnés par les manquements qu’ils dénoncent chez les autres.

Dépression, arrêt longue durée puis retour au travail… Jeanne raconte : “Je suis littéralement tombée, physiquement et psychologiquement”Dans ce moment de fragilité extrême, pourquoi les malades qui reviennent ne sont-ils pas les bienvenus ?

Ces trois trajectoires illustrent ce que les statistiques peinent à saisir : le retour au travail après une longue absence n’est pas une formalité. C’est un moment de fragilité extrême, où les conditions d’accueil, la qualité du dialogue avec les managers et la clarté des rôles peuvent faire basculer une reprise réussie en rechute évitable.

Pascale Opdebeeck, qui pilote l’ASBL Rebond — une organisation qui accompagne collectivement des malades longue durée dans leur reprise — le constate chaque semaine : “Quand on a été malade longue durée, il y a un avant et un après. Des malades en rémission vivent avec leurs maux devenus chroniques, des maux invisibles parfois, qui vont et viennent. Les malades qui retournent ne sont souvent pas les bienvenus. L’employeur part du principe que quelqu’un qui a été malade a moins de valeur, alors que c’est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.”

« Plus de la moitié des malades de longue durée apte à travailler »: c’est ce qu’affirme ce rapport belge et resté secret, qui va faire débat…

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