En effet, une nouvelle start-up américaine, Objection, a imaginé un nouveau concept, présenté comme du « fact-checking », mais que beaucoup dénoncent comme la nouvelle procédure bâillon.

Lancée par l’entrepreneur australien Aron D’Souza, la start-up propose, pour la modique somme de 2000 dollars, le lancement d’une « investigation » publique sur un article de presse. Le tout, sans passer par un tribunal ou un avocat.

L’ensemble de la procédure est géré par un « jury », en réalité une intelligence artificielle, qui évalue les preuves qu’on lui présente, pour renvoyer un « score d’intégrité » au journaliste concerné.

Pendant le processus, les articles sous investigation ont droit, sur X (anciennement Twitter), à un label « évaluation en cours ». Une manière subtile mais efficace de décrédibiliser l’information proposée.

Autre problème : l’algorithme chargé d’évaluer le tout demande au journaliste de fournir des preuves, afin de se « défendre ». Sont demandées des sources, témoignages, et autres documents officiels. Si ce dernier refuse, le score attribué baisse. Selon la grille de la start-up, toute source officielle récolte une majorité de points, tandis que les sources anonymes, comme les lanceurs d’alerte, sont, eux, reléguées en bas du classement.

Une classification partiale, donc, qui, sous couvert de « fact-checking », sacrifie la protection des sources, vrai pilier de tout travail d’investigation, sur l’autel de la « transparence ».

Financée par Peter Thiel, fondateur de PayPal et Palantir, conseiller et grand soutien de Donald Trump, la start-up est parfaitement alignée avec l’idéologie MAGA, ouvertement hostile au questionnement des médias, pourtant d’utilité publique.