À l’occasion des dix ans de la disparition du chanteur, plusieurs sorties discographiques lui rendent hommage. Une compilation intitulée 80 ans, 80 titres retrace la carrière du natif de Courbevoie. Les fans les plus irréductibles se tourneront vers l’Intégrale Studio en 21 CD – soit 365 titres remastérisés, dont quatre inédits – proposée par le label Capitol.
Le redoutable pacte que Michel Delpech avait fait avec sa femmePascal Obispo s’offre deux duos avec Michel Delpech
Un troisième projet sort cependant du lot par son approche innovante. Pascal Obispo a réorchestré quinze titres de Michel Delpech sur l’album Le chanteur. Les plus grands succès de son répertoire sont présents (« Pour un flirt », « Quand j’étais chanteur », « Que Marianne était jolie », « Les divorcés », « Le Loir-et-Cher »…), mais aussi des chansons plus confidentielles. L’occasion de redécouvrir la voix et l’immense talent de mélodiste du chanteur sous de nouveaux atours.
Et le résultat est au rendez-vous. À partir des bandes originales, Obispo a conservé les voix de Michel Delpech, exhumé quelques surprises à entendre sur ces nouvelles versions, et refait toutes les parties instrumentales à partir d’instruments de l’époque mais avec la technologie d’aujourd’hui. Une remise au goût du jour qui respecte parfaitement le feeling et l’élégance des chansons tout en leur donnant un plus difficile à décrire mais indéniable. Écoutez « Chez Laurette » et vous en serez convaincu.
Décès de Michel Delpech: « Une vie de fou, mais une vie organisée »
Mention spéciale pour les deux duos que Pascal Obispo s’offre à cette occasion : « Le roi de rien » et l’incontournable « Wight is Wight ». Sacrilège ? Il n’y a aucune raison de crier au loup. D’abord parce que la veuve et la fille de Michel Delpech ont validé le projet. Ensuite, parce qu’il existait une réelle amitié entre le chanteur et l’interprète de « Lucie ».
Découvrir ou redécouvrir Michel Delpech
En 1997, sur l’album Le roi de rien, Obispo avait signé le titre « Sans remord ni regret ». La chanson avait été enregistrée avec les moyens du bord, faute de budget. Un regret désormais effacé, a expliqué ce dernier au Parisien.
En revanche, ce qui ne se rattrape jamais, c’est le temps passé. Toujours dans les pages du journal français, Pascal Obispo a déploré ne pas avoir accordé plus de temps à son amitié avec Michel Delpech. « En 1997-1998, j’ai été happé par le succès, embarqué dans un train à très grande vitesse, travaillant avec Florent Pagny, Johnny, France Gall, Patricia Kaas… Quand tu es jeune, tu as les dents longues et tu ne fais pas toujours les bons choix », déplore-t-il.
Trois décennies plus tard, il offre à son ami probablement le plus beau des cadeaux, celui de remettre son répertoire au goût du jour et permettre à beaucoup de le (re)découvrir, avec ses mélodies chatoyantes, la voix douce de Michel Delpech et son écriture populaire. De quoi pérenniser l’œuvre.