Le même animal ? Probable…
Les images vidéo prises par le propriétaire grâce à une caméra gibier (où on peut identifier un loup), le modus operandi de l’attaque, les traces observées à proximité ne font peser presque aucun doute. Par ailleurs, élément déterminant également, d’autres attaques de loup récentes ont été observées dans la région. « La semaine dernière, nous en avons constaté une à Amay et deux à Villers-le-Bouillet, précise le spécialiste. Il pourrait s’agir du même animal. Le lien est fort probable et la génétique pourra aider à le confirmer. »
Pas de panique mais…
La Commune de Héron, informée de la situation, a été chargée de communiquer à la population les précautions à prendre. Si l’homme ne doit rien craindre du loup, (il n’attaque pas l’humain), il n’en est pas de même pour les animaux et plus spécifiquement les ovins. « On conseille aux détenteurs d’ovins de mettre en sécurité leur troupeau, de les rentrer la nuit ou de sécuriser l’enclos », indique le bourgmestre, Eric Hautphenne qui a diffusé le message d’alerte sur les réseaux sociaux. « Mais rappelons qu’il ne faut pas non plus paniquer, ce loup est en transit et est peut-être déjà parti bien plus loin », assure de son côté le spécialiste qui invite aussi les citoyens à relayer d’éventuelles observations de terrain ou suspicion de présence de loup via www.reseauloup.be ou par téléphone au 081/62 64 20.
Pister sa trajectoire
Et ensuite ? Les services du DNF vont suivre la situation de près. Les prélèvements opérés par Alain Licoppe et son équipe vont être envoyés au laboratoire afin de déterminer la base génétique du loup (et donc sa lignée), rechercher la meute de laquelle il provient et suivre, dans la mesure du possible, ses déplacements jusqu’à son installation dans un nouveau territoire. « La difficulté, c’est que l’animal est tout à fait imprévisible dans ses trajectoires. »
Des loups en Hesbaye ? « Seulement en transit »
Le loup qui a tué les quatre moutons à Héron est très probablement un loup seul, en phase de dispersion et en recherche d’un nouveau territoire. « À l’adolescence, à un ou deux ans, le loup est chassé de la meute, explique Alain Licoppe, et il doit recoloniser une nouvelle zone, seul, pour se reproduire. »
La Hesbaye n’est cependant pas un territoire propice à l’implantation pérenne du loup. « Il n’y a pas de population recensée en Hesbaye et alentours, ils sont plus localisés dans le Limbourg flamand et dans les Hautes Fagnes. » La Hesbaye, composée essentiellement de champs, n’offre pas l’environnement adéquat pour que le loup se développe. « Il a besoin d’espaces boisés. Sans doute que le loup de Héron est en transit et quittera rapidement la zone. Il se déplace vite, peut faire entre 30 et 40 km par jour. »
Habituellement, le loup se nourrit en chassant le gibier qu’il trouve dans la nature, les bois mais quand il est en terrain plus hostile, sans nourriture, il s’en prend alors aux ovins. « Attaquer des moutons n’est donc pas habituel. Ce loup-ci semble en tout cas discret, il n’a pas été repéré par l’homme jusqu’ici. »
Ce n’est pas la première fois que le DNF observe des loups en transit en Hesbaye et dans la région. « On avait connu un épisode d’attaques en 2020 à Wanze et en 2024/2025 à Hannut, rappelle l’expert. La Hesbaye se situe à un carrefour pour ces loups en transit. » Avec parfois quelques obstacles compliqués à franchir. « Ils sont freinés par la Meuse et par l’autoroute. Ils risquent aussi de se faire écraser car le réseau routier y est dense. »