La mémoire est fraîche.
« On avait gagné 9-0 contre Malines avec six buts de Wesley Sonck et trois de Kevin Vandenbergh, je pense. Tu n’oublies jamais tes débuts en première division et encore moins avec un tel score. » Avec une passe décisive du tout jeune Euvrard, 20 ans. « Seulement une ? », plaisante celui qui ne jouera finalement que quatre matchs avec le Racing.
La découverte de la D1
À l’époque, il sortait d’une première saison comme titulaire en D1, avec le Cercle Bruges. « Un peu comme Adnane Abid cette saison, en fait, lui qui vient du Patro Maasmechelen et qui a aussi fait le grand saut. On avait joué le tour final et j’avais appris à ce moment-là que Genk et son entraîneur Sef Vergoossen me voulaient. À l’époque, on discutait des transferts encore plus tôt que maintenant. Dès février ou mars, se remémore le Flandrien. Genk avait été champion et j’allais donc découvrir la Ligue des champions (NdlR : sans montée au jeu). C’était magnifique. Je passais de la D2 belge au banc du stade Bernabéu du Real Madrid ! »
Avec un autre souvenir inoubliable datant du 25 septembre 2002. « J’ai échangé mon maillot avec Luis Figo, qui avait gagné le Ballon d’or deux ans plus tôt, rembobine l’homme de 44 ans. C’était presque la fin du match. J’étais en train de m’échauffer et lui était assis sur le banc. J’ai senti le coup, je n’allais pas entrer au jeu… Dès que l’arbitre a sifflé la fin du match, j’ai fait le sprint de ma carrière pour l’attraper et lui demander son maillot. Je l’ai suivi dans le tunnel et il me l’a donné. Je ne sais pas ce qu’il a fait du mien, j’aimerais bien le savoir d’ailleurs (sourire). Peut-être qu’on l’a retrouvé dans la poubelle derrière », blague aujourd’hui Vincent Euvrard, battu 6-0 par les Galactiques.
Le Limbourg, terreau fertile
Originaire de Flandre-Occidentale, il se sent désormais profondément limbourgeois, par ses passages à Heusden-Zolder (2003-04), Lommel (2005-07) et Saint-Trond (2008-2013). Il y a rencontré sa femme et y vit toujours. « Même quand je jouais à Den Bosch (NdlR : saison 2004-05), j’habitais le Limbourg. Je n’oublierai jamais mes racines mais j’ai pratiquement vécu plus longtemps dans le Limbourg qu’à Oostduinkerke. »
Une région frontalière de la province de Liège d’où proviennent beaucoup de supporters du Standard, et plusieurs grands joueurs. « Daerden, Vandersmissen, Gerets, Plessers et d’autres, liste Euvrard. Je pense que, par leur histoire, notamment industrielle, les mentalités se ressemblent un peu. Si j’entraînerai un jour dans le Limbourg ? Hum. Espérons d’abord que je reste encore longtemps au Standard et qu’on retrouve ensemble le sommet du football belge. »