UCB prend l’image du « cheval de Troie » pour expliquer sa thérapie génique.

Pour UCB, l’inauguration de Genesis s’inscrit dans une dynamique plus large d’investissements en Belgique. Depuis 2021, les effectifs du groupe dans le pays ont augmenté de 33 %. Le campus rassemble aujourd’hui 69 nationalités, avec notamment des collaborateurs belges, français, italiens ou encore indiens.

Plus de 1,5 milliard de comprimés produits

« UCB va bien, est en croissance et investit en Belgique », résume Myriam Juckler, cadre chez UCB. Le site belge situé dans le Brabant wallon joue un rôle central dans l’approvisionnement mondial du groupe. Chaque année, plus de 1,5 milliard de comprimés y sont fabriqués.

Princess Astrid of Belgium pictured during the inauguration of the new gene therapy site at the Braine l'Alleud campus of biopharmaceutical company UCB, in Braine-L'alleud, Friday 24 April 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDALPrincess Astrid of Belgium pictured during the inauguration of the new gene therapy site at the Braine l'Alleud campus of biopharmaceutical company UCB, in Braine-L'alleud, Friday 24 April 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDALLa princesse Astrid sur le site d’UCB. ©Belgaimage

Cette croissance industrielle s’inscrit dans le cadre de l’investissement d’un milliard d’euros annoncé en 2022. Selon Myriam Juckler, UCB en est déjà à 300 millions d’euros engagés, avec des usines inaugurées en 2024 et 2025. Un autre site majeur, Arkelia, qui commence à sortir du sol, doit être achevé pour 2028, avec un investissement de 200 millions d’euros et la création de 170 emplois supplémentaires. « De plus, on n’a plus de dette », souligne fièrement Laurent Schots, le porte-parole d’UCB. L’entreprise fait presque figure d’exception, alors que cette semaine, la fédération Essenscia affichait les difficultés du secteur, en partie à cause de l’instabilité provoquée par le président américain Donald Trump ainsi que ses droits de douane. Mais UCB, qui dispose d’un site aux États-Unis, passe en travers des mailles du filet.

La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud.La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud.La princesse Astrid a visité le nouveau site d’UCB à Braine-l’Alleud. ©Antonin Marsac

Genesis, le « bâtiment T4 » comme on l’appelle sur place, représente à lui seul un investissement de 200 millions d’euros. Le bâtiment s’étend sur 17 000 m², avec 4 200 m² d’espace disponible pour une future extension. Sa conception se veut flexible : il ne s’agit pas d’un site « monoproduit », mais d’une infrastructure pensée pour évoluer avec les avancées scientifiques et les besoins futurs.

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Pour Gaël Debauve, biologiste moléculaire et responsable de la thérapie génique chez UCB, Genesis doit permettre à l’entreprise « d’explorer de manière humble et structurée les frontières scientifiques », en intégrant « l’inconnu comme un levier d’apprentissage, de décisions éclairées et d’innovation ».

L’objectif n’est plus de traiter une maladie par des injections chroniques mais de développer des approches où « une injection » peut permettre de « soigner la maladie ».

Le nouveau site est notamment consacré aux thérapies géniques et cellulaires, un domaine que Gaël Debauve décrit comme un véritable « changement de paradigme ». L’objectif n’est plus nécessairement de traiter une maladie par des injections chroniques, régulières, mais de développer des approches où « une injection » peut permettre de « soigner la maladie ».

Le site Genesis d'UCBLe site Genesis d'UCBLe site Genesis d’UCB ©Antonin Marsac

Le principe repose notamment sur l’utilisation de vecteurs viraux. « On enlève le code génétique d’un virus et on vient y insérer le code génétique qui correspond à l’instruction thérapeutique », explique Gaël Debauve. Il utilise l’image du « cheval de Troie » : le virus est rendu inoffensif, puis transformé en vecteur capable d’atteindre l’organe cible et de transmettre des instructions aux cellules du patient. Une véritable petite prouesse.

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« On travaille avec des virus inoffensifs, d’un ‘safety level 1’, alors qu’on mets des mesures dignes de niveau 2. A titre indicatif, le VIH c’est niveau 3 et Ebola niveau 4 »

« On travaille avec des virus inoffensifs, d’un ‘safety level 1’, alors qu’on met des mesures dignes de niveau 2. À titre indicatif, le VIH c’est niveau 3 et Ebola niveau 4 », glisse-t-il, pour rassurer, lors de la visite de l’intérieur du site, avec tout l’équipement de sécurité pour éviter de contaminer le lieu ou de repartir avec un virus.

La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud. Ici, aux côtés de Jean-Christophe Tellier, le CEO.La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud. Ici, aux côtés de Jean-Christophe Tellier, le CEO.La princesse Astrid a visité le nouveau site d’UCB à Braine-l’Alleud. Ici, aux côtés de Jean-Christophe Tellier, le CEO. ©Antonin Marsac

Reste la question de la commercialisation de ces nouvelles thérapies. Sur ce point, Gaël Debauve se montre prudent, alors que d’autres entreprises pharma se sont cassé les dents sur la thérapie génique. « Difficile à dire », a-t-il reconnu, en précisant que les projets sont encore au stade du « pipeline préclinique ». Il dit toutefois rester « confiant en la stratégie d’UCB ». Le groupe, ajoute-t-il, « n’abandonne pas » et entend « contribuer à construire de nouvelles approches », en ajoutant « de nouvelles cordes à son arc ».

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L’inauguration a aussi été l’occasion d’insister sur les enjeux environnementaux liés à la croissance du site. Anne-Laure Demarcy a rappelé que le campus se trouve dans une région en stress hydrique. « Malgré la croissance, on doit revoir cela, ainsi que nos émissions de CO2 », a-t-elle expliqué. L’enjeu est clair : « Il faut décorréler la croissance des impacts environnementaux. »

La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud.La princesse Astrid a visité le nouveau site d'UCB à Braine-l'Alleud.La princesse Astrid a visité le nouveau site d’UCB à Braine-l’Alleud. ©Antonni Marsac

UCB vise une réduction de 55 % de ses émissions de CO₂ d’ici 2030 sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. Le groupe veut également impliquer ses fournisseurs : l’objectif est que 80 % d’entre eux soient engagés dans cette trajectoire d’ici 2028. « On est à 76 % », a-t-elle précisé.

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De quoi inscrire le campus de Braine-l’Alleud, créé en 1971, dans la volonté européenne de neutralité carbone à atteindre en 2050. L’horloge tourne et UCB ne veut pas faire partie des retardataires.

Gael Debauve, responsable de la thérapie génique chez UCB, sur le site Genesis.Gael Debauve, responsable de la thérapie génique chez UCB, sur le site Genesis.Gael Debauve, responsable de la thérapie génique chez UCB, sur le site Genesis. ©Antonin Marsac