L’administration Trump a préparé une liste des pays « indisciplinés » de l’OTAN et veut sanctionner les « mauvais élèves »

Présent à Nicosie, à Chypre, pour un sommet des dirigeants de l’Union européenne, Pedro Sánchez a été interrogé sur les informations selon lesquelles Washington envisagerait de suspendre la participation de l’Espagne à des postes de responsabilité au sein de l’Alliance: « L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’Otan et nous remplissons nos obligations », s’est-il défendu en anglais.

« Donc, pas d’inquiétude », a-t-il balayé.

« Nous ne travaillons pas sur la base d’e-mails (qui mentionneraient selon Reuters ces réflexions à Washington, ndlr), nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des Etats-Unis formule », a-t-il aussi affirmé par ailleurs en espagnol.

« La position du gouvernement espagnol est claire: une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale », a-t-il poursuivi en espagnol.

« Rester unis »

Interrogée sur ces informations de presse, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a, pour sa part, appelé l’Otan à « rester unie », l’un de ses « atouts ».

Donald Trump, quant à lui, n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Depuis fin février, Pedro Sánchez s’est opposé à la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, devenant le fer de lance des voix s’élevant en Occident contre les hostilités qui ont embrasé le Moyen-Orient.

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Cette position ferme a fortement irrité le président américain, Donald Trump, qui a reproché à Madrid d’avoir refusé de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour mener des attaques aériennes, allant jusqu’à menacer de « cesser tout commerce » entre les deux pays.

Reproches de Trump

Depuis plusieurs mois, Donald Trump reproche également au gouvernement espagnol de refuser de porter à 5% de son Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2035 ses dépenses de sécurité, dont 3,5% pour les seules dépenses militaires, comme convenu lors du sommet de l’Alliance l’an dernier à La Haye (Pays-Bas).

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Madrid estime être en mesure d’atteindre les objectifs de capacités militaires fixés par l’Otan, en limitant ses dépenses militaires à 2% de son PIB.

Pedro Sánchez est aussi l’un des rares dirigeants occidentaux de premier rang à avoir qualifié de « génocide » la guerre menée par Israël à Gaza après l’offensive du Hamas en octobre 2023.