Trois questions à Tristan Nihouarn, le chanteur du groupe Matmatah, sur le nouvel album de reprises, nommé L’Embardée.

Pourquoi ce besoin d’embardée avec cet album de reprises ?

En fait, on ne l’a pas vraiment vu venir, cette embardée. Mais elle n’est pas née de la veille. En 2025, on a passé l’année sur le concert de nos 30 ans à Bercy. On a eu peur de devenir monomaniaques. On a eu besoin de faire autre chose à côté, de manière récréative. À l’origine, Matmatah, c’est un groupe de rock dans les bars. Pourquoi ne pas faire un album de reprises, plutôt que se regarder le nombril en reprenant les morceaux qu’on jouait à l’époque ?

Vous avez pioché dans des esthétiques éloignées des vôtres…

Quelquefois, on sait qu’une chanson est bonne, mais on n’est pas forcément super emballés par l’esthétique du morceau original. On se dit qu’on n’aurait pas fait ça comme ça. Cela dit, on n’a choisi aucune chanson qui ne nous plaisait pas. On a des goûts différents dans le groupe. C’était donc comme des challenges de travailler sur des morceaux qui faisaient saigner l’oreille, mais où l’on sentait qu’il y avait un truc. On les a gentiment malmenés. Alors, ces reprises, ce n’est pas mieux, c’est différent. Et même si on a marqué que des hits sur la pochette, certains morceaux ne sont pas très connus.

Vingt chansons aux univers, aux époques très variés et dans plusieurs langues, l’envie de surprendre encore ?

C’est un petit tour d’Europe qui s’est dessiné naturellement. On avait déjà sorti « Putain, putain » d’Arno l’année dernière, où il y avait un couplet en néerlandais. On s’est dit que ça serait peut-être une manière de rendre hommage à la diversité culturelle de l’Europe. Et finalement, je me retrouve à chanter en dix langues. J’ai toujours voulu reprendre, par exemple, « Gimme some truth » de John Lennon. Mais je trouvais qu’il lui manquait un petit truc. Donc, de manière absolument pas modeste (rire)… On a le droit de dégommer toutes ces chansons. En revanche, je me refuse à reprendre Bashung. Il n’y aurait aucune valeur ajoutée, je ne vois pas l’intérêt.