Celui utilisé par Dominique Pelicot sur le site Coco s’intitulait « à son insu ». Cette fois-ci, il s’appelle « ZZZ ». Des noms différents pour une même pratique : le « sleep porn », le fait de filmer les viols de femmes endormies ou droguées à leur insu.

Une pratique sordide que l’on retrouve facilement sur des sites pornographiques ou sur des canaux de discussion, où les agresseurs s’échangent même des conseils, selon nos confrères de CNN qui ont publié une vaste enquête, fin mars, sur ce phénomène qualifié d’« académie mondiale du viol ».

« Votre femme ne sentira rien et n’aura aucun souvenir »

L’un de ces sites pornographiques, Motherless, qui a enregistré 62 millions de visites sur le seul mois de février, héberge plus de 20 000 vidéos de femmes endormies ou soumises chimiquement, selon nos confrères de CNN. Un contenu spécifique qui totalise des centaines de milliers de vues.

Des vidéos de « sleep porn » classées avec des mots-clés évocateurs comme « passed out » (évanouie) ou « eye check » (vérification des yeux), une pratique qui consiste à soulever les paupières de la victime pour prouver qu’elle est bien endormie ou inconsciente. Certaines des vidéos catégorisées comme « eye check » totalisent à elles seules plus de 50 000 vues.

Mais ce n’est pas tout. Car au-delà des vidéos, des canaux de discussion, comme celui intitulé « Zzz », se sont créés. Des conversations où des hommes s’échangent des vidéos, mais également des conseils sur la manière de droguer leurs partenaires. Certains y font même la promotion de produits, pouvant être utilisés comme soumission chimique, accompagnée du dosage « idéal ». « Votre femme ne sentira rien et n’aura aucun souvenir », explique par exemple un homme, qui propose de vendre et d’expédier des « liquides soporifiques », selon CNN.

Une « notion de quasi-fraternité »

D’autres vont même encore plus loin monnayant, le plus souvent par cryptomonnaies, des vidéos en direct du viol de leur compagne. L’un de ces agresseurs, qui a accepté de témoigner auprès de CNN, s’est même dit « content » d’avoir tiré profit de la diffusion du viol de sa propre épouse, préalablement sédatée.

Des abus encouragés notamment par une « dynamique collective », a expliqué à CNN Annabelle Montagne, l’une des psychologues qui a expertisé les accusés des viols de Mazan. Car cet effet de groupe minimise le sentiment de culpabilité des agresseurs et les encourage à passer à l’acte, selon elle. « Au sein de ces sites, il existe également cette notion de quasi-fraternité », a-t-elle déclaré, ajoutant que les participants se retrouvent à « créer des liens » qui répondent et renforcent leurs besoins « narcissiques ».

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Des groupes que Sandrine Josso, députée française, droguée par Joël Guerriau, qualifie « d’académie du viol en ligne ». « On y trouve toutes les matières et les disciplines nécessaires pour devenir un bon violeur ou un prédateur sexuel », a-t-elle déclaré, rappelle CNN.