Plus de 200 000 nouvelles affaires concernant des mineurs ont été enregistrées par les sections jeunesses du ministère public en 2025, soit 9 % de plus qu’en 2024. Le chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis 2010. La plupart de ces dossiers concernent des mineurs en danger (MD), qui ont également bondi de 9 % en un an (126 689 dossiers ouverts). Les faits qualifiés d’infraction (FQI) ont augmenté de 10 % pour atteindre près de 73 500.

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« Ces données sont interpellantes et inquiétantes. Cela dit quelque chose de la manière dont on traite nos mineurs en Belgique. Il est impératif de se pencher sur la question. Les mineurs d’aujourd’hui sont les adultes de demain », alerte le président du collège des procureurs généraux Frédéric Van Leeuw.

Le procureur général de Bruxelles précise tout de même que les chiffres publiés ce vendredi « sont une image de la politique criminelle telle qu’elle est appliquée par les parquets correctionnels et de la Jeunesse, et non une représentation de la criminalité réelle au sein de la société. »

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« Avant nous n’avions jamais un procès-verbal rédigé pour un mineur de moins de 14 ans. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de p-v. pour des enfants dès 12 ans. J’ai vu un p-v. qui concernait un enfant de 11 ans pour terrorisme et radicalisme… », s’alarme-t-il une nouvelle fois. « Un mineur interpellé pour un délit est d’abord un mineur en danger avant d’être un délinquant notoire », tempère-t-il en appelant le politique à prendre en considération cette situation.

Des indicateurs au rouge

Parmi les FQI encodés en 2025 (73 488 affaires), la proportion d’infraction à la propriété (soit les vols avec violence, les cambriolages, vol à l’étalage, etc.) était de 34 %. 28 % concernaient les infractions contre les personnes (coups et blessures, harcèlement, etc.), 12 % pour les infractions à l’ordre et la sécurité publique (détention d’arme, outrage, rébellion et menace). Toutes ces catégories ont connu une augmentation de 6 à 9 % par rapport à 2024. Seules les infractions concernant les stupéfiants (7 %) ont diminué de 1 % sur cette période, a contrario de celles enregistrées pour les personnes majeures.

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L’autre donnée inquiétante est l’augmentation significative des affaires dites de « moralité publique ». En l’espèce, les affaires de sexting (chantage à l’aide de photographies intimes) et de deepfake (+ 80 % en dix ans) ou de consommation de pédopornographie (+ 115 % sur la décennie) ont connu un bond ces dernières années qui est notamment dû à l’évolution des réseaux sociaux, au durcissement des règles en vigueur mais aussi par une forme « d’abandon du contrôle parentale. »