« On veut davantage toucher les personnes qui travaillent et qui ont besoin de leur voiture, explique Gilles Vanden Burre. Je pense aux infirmières, aux aides à domicile, aux indépendants qui courent d’un chantier à l’autre, etc. Ecolo propose donc de mettre des voitures électriques fabriquées en Europe à leur disposition, à temps plein, pour 100 euros par mois. Cette location durerait de trois à cinq ans. » Nom de code de cette initiative : « Léa », pour « Location électrique accessible ».

« Nous avons trop culpabilisé les gens… » : chez Ecolo, le duo Marie-Colline Leroy-Gilles Vanden Burre lance son opération reconquête10 000 véhicules

Comment faire ? Les verts proposent de passer par un soutien public. « Ce genre de véhicules est vu, à juste titre, comme très peu abordable et donc l’État doit assumer son rôle. C’est l’État qui achèterait la flotte de voitures électriques. Dans le projet pilote que nous imaginons, on commencerait par 10 000 véhicules. On privilégierait les petits formats, les voitures citadines. L’État les mettrait alors en location à long terme pour certaines catégories de personnes. »

Quel serait le critère de sélection des bénéficiaires ? « Cela reste à discuter, mais nous proposons d’offrir cette possibilité à ceux qui gagnent moins que le salaire médian, c’est-à-dire 4 000 euros bruts par mois. Nous visons les gens qui gagnent leur vie – la classe moyenne et la classe moyenne inférieure – mais qui sont souvent oubliés dans les mesures de crise. Comme écologistes, nous voulons répondre à cette difficulté. Dans le cadre du projet pilote, l’octroi des véhicules se ferait sur la base de candidatures. »

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Selon Gilles Vanden Burre, le coût de projet pilote serait de 70 millions d’euros. « Le prix de la recharge de la batterie serait toutefois aux frais des bénéficiaires. Et, à la fin de la location, s’ils le souhaitent, ils auront la possibilité de racheter la voiture sur la base de sa valeur résiduelle, soit entre 5 000 et 8 000 euros en fonction du modèle. Nous nous sommes inspirés d’un projet pilote en France, qui a eu beaucoup de succès en quelques mois, et qui portait sur 50 000 véhicules. Au niveau européen, le même projet (le « leasing social », NdlR) fait également partie du paquet de mesures conseillées par la Commission. Cela commence à bouger… sauf en Belgique. Nous sommes très fâchés et très tracassés face à l’inaction de nos gouvernements. C’est grave. Le ministre fédéral de la Mobilité (Jean-Luc Crucke, Les Engagés NldR) ne fait rien. »

Coup de mou pour la voiture électrique en Belgique

Le coprésident d’Ecolo décoche une nouvelle flèche vers la coalition Arizona. « On est face à une grave crise provoquée par une guerre illégale au Moyen Orient. Les premières victimes collatérales de cette crise sont les citoyens lorsqu’ils vont faire le plein et le gouvernement fédéral leur dit ‘désolé, mais il faut attendre que ça passe’… L’enveloppe de 80 millions débloquée par l’Arizona n’est qu’une aumône. Et il n’y a rien directement pour les indépendants. C’est indécent. »

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« L’enveloppe de 80 millions débloquée par l’Arizona n’est qu’une aumône. Et il n’y a rien directement pour les indépendants. C’est indécent. »

Fin du monde et fin du mois

Par leur proposition sur les voitures électriques, en ajoutant une couche aux autres mesures de leur cru visant à atténuer le poids de la crise énergétique, les verts misent sur une écologie plus concrète, plus « populaire ». Gilles Vanden Burre assume cette stratégie destinée à toucher un large public. « Ecolo doit pouvoir réconcilier les problèmes de fin du monde avec les problèmes de fin du mois et répondre aux problèmes concrets des citoyens : pouvoir d’achat, logement, mobilité, et pas se concentrer uniquement sur le dérèglement climatique, qui est bien sûr également fondamental. »

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