À cette occasion, le représentant de Donald Trump aimerait parer les arcades du Cinquantenaire d’immenses drapeaux « Stars and Stripes » et faire vrombir les avions de chasse F-35, F-16 et A-400 par dessus la foule. Ce qui n’est pas du goût de tous.

Ismael Nuino ne veut pas des F-35 au-dessus du Cinquantenaire. ©BelgaimageLa fête au Cinquantenaire de l’ambassadeur américain Bill White sera sponsorisée par la bière Budweiser
« Je n’ai pas de problème avec le fait que les États-Unis veuillent célébrer les 250 ans de la déclaration d’indépendance mais il faut voir comment et avec quels symboles », explique Ismaël Nuino, député fédéral Les Engagés. « Au-delà de la disproportion évidente et de la gêne occasionnée aux Bruxellois, ces F-35 sont le symbole d’une violence décomplexée, à l’heure où les États-Unis conduisent une guerre illégale que nous ne soutenons pas, et dont notre économie subit directement les effets. De la même manière, il ne semble pas opportun que le monument soit paré de drapeaux américains comme le présente le visuel publié par l’ambassadeur. »
L’élu s’interroge aussi sur les nuisances, l’impact symbolique au cœur des institutions européennes, et se demande si toutes les autorisations ont bien été obtenues avant l’annonce.
Le survol du centre-ville de la capitale de l’Europe par des F-35 requiert la fermeture du ciel aérien civil, une compétence qui échoit au ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Il semblerait que la demande vienne en effet d’être adressée officiellement à Skeyes et relayée à la DGTA (Direction générale des Transports et de l’aviation du SPF Mobilité).
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« Si cela devait se confirmer, le ministre Crucke déclinerait cette demande dans la mesure où, dans l’état actuel de la situation économique liée à la crise des énergies, elle n’est pas de nature à pouvoir être justifiée et comprise par l’opinion publique – à juste titre », nous répond son cabinet. « Elle ne va pas dans le sens du signal actuel visant à certaines restrictions et notamment à celles liées à la mobilité. Par ailleurs, une telle fermeture engendrerait au surplus des pertes économiques qui lui semblent également disproportionnées par rapport à l’enjeu. Il ne doute pas que les États-Unis auront pensé à des alternatives pour fêter les 250ans de leur indépendance. Enfin, il est important de rappeler que hormis en temps de guerre ou à l’occasion de la fête Nationale Belge, jamais notre pays n’a bloqué son espace aérien pour répondre à des demandes de pays voisins ou alliés. »
Enfin, vient la question du drapeau américain. Ici, la ministre en charge de la Régie des bâtiments, Vanessa Matz (Les Engagés), nous renvoie à la règle du protocole d’État. Celle-ci prévoit que seul le drapeau belge, et éventuellement européen, puisse flotter sur les Arcades du Cinquantenaires.
Visiblement, Bill White a encore du pain sur la planche pour avoir sa fête comme il le souhaite.