Moody’s ou la facture de l’impuissance politique
L’annonce de S & P n’est évidemment pas une surprise : elle intervient dans la foulée de celles de deux autres agences de notation, Moody’s il y a quelques jours et Fitch en 2024. Pour S & P, cette dégradation « reflète des déséquilibres persistants dans les finances publiques belges ».
« Risques de mise en œuvre »
« Le gouvernement belge vise une plus grande consolidation dans son budget 2026, mais des risques de mise en œuvre subsistent, car des réformes fiscales clés, notamment en matière de retraites et de travail, sont encore en cours de déploiement », explique Standard & Poors dans son rapport d’analyse et estime que notre déficit budgétaire devrait revenir aux alentours de 4,5 % du PIB à l’horizon 2029 contre 5,2 % en 2025. L’agence de notation dit aussi s’attendre à un creusement supplémentaire de notre dette qui devrait atteindre 109 % du PIB en 2029 contre 103 % en 2025.
La Belgique demeure vulnérable aux chocs des prix de l’énergie en raison de sa dépendance aux combustibles fossiles et de son intensité énergétique relativement élevée. »
S & P pointe également la faible dynamique économique attendue dans notre pays, avec une croissance prévue cette année d’à peine 0,9 % et 1,2 % pour la période allant de 2027 à 2029. Et met en avant des risques qui restent « élevés » en raison des incertitudes commerciales et énergétiques nées d’un contexte géopolitique toujours très perturbé, avec notamment la guerre au Moyen-Orient toujours en cours. « La Belgique demeure vulnérable aux chocs des prix de l’énergie en raison de sa dépendance aux combustibles fossiles et de son intensité énergétique relativement élevée », explique encore S & P.
La Belgique rétrogradée par Moody’s, symptôme d’une dérive budgétaire persistante« Priorité politique »
« Le constat posé par les agences de notation reste, à chaque fois, identique : elles reconnaissent les efforts engagés par le nouveau gouvernement, mais considèrent, à juste titre, qu’ils ne suffisent pas encore à combler le retard accumulé par le passé », a souligné en réaction le cabinet du Premier ministre, Bart De Wever. Et de conclure : « La priorité politique doit se concentrer pleinement sur le rétablissement de la confiance des marchés internationaux dans notre pays. C’est la priorité absolue. »
Bart De Wever le sait mieux que personne : il jouera dans les prochains mois la crédibilité de son gouvernement sur cet enjeu budgétaire.