Contrairement à d’autres points de blocage dans le Hainaut, le centre tournaisien n’a pas reçu la visite surprise d’huissiers (du moins pas avant notre visite, vendredi matin) envoyés par la direction de bpost. Les acquis obtenus par le personnel ? Un meilleur encadrement des horaires de travail et une « flexibilité » réduite. Mais pour combien de temps ? « La direction n’a pas donné de garanties à long terme », témoigne un facteur tournaisien.

Reste qu’après quatre semaines de grève et des tonnes de courriers en retard à distribuer, le personnel de bpost ne s’est pas attiré que des sympathies. La défiance d’une partie de la population n’est pas une chimère ou une vue de l’esprit. « On le ressent surtout dans les médias et sur les réseaux sociaux, où on voit beaucoup d’internautes nous traiter de feignants. Ils ne connaissent pas la réalité. On a obtenu quelques modifications de ce projet de refonte de nos horaires de travail, mais cet accord nous laisse un sentiment très mitigé », reprend le permanent syndical CGSP. « Pour l’accueil de la population, on verra lundi sur les tournées, s’il faut prendre un protège-dents. »

Au fond, personne ne sort gagnant de cette fronde. La ministre de tutelle Vanessa Matz s’est exprimée sur la question, notamment sur la présence d’huissiers venus pour ordonner de lever les piquets de grève qui bloquaient ses centres de distribution. « On est au bout d’un processus qui a duré 3 semaines et demie, avec beaucoup de tension. Quand une grève perdure comme ça, c’est compliqué », reconnaît-elle.

Tout rentre progressivement dans l’ordre. Mais pour combien de temps ? Désormais, il faudra « rattraper » le retard de tous ces colis et courriers qui attendent leurs destinataires.