Love Story: John F. Kennedy Jr. & Carolyn Bessette | Official Trailer | FX - YouTube thumbnailWatch

On peut compter sur l’ambiance ultrachic et le petit jeu de séduction entre les deux personnages, qui se tournent autour sans jamais se rapprocher, pour se faire happer par la mécanique de ce biopic à l’eau de rose.

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À New York, Carolyn Bessette occupe un poste au bureau des relations publiques chez Calvin Klein où elle se fait remarquer par le designer pour son goût à composer le dressing des VIP et pour son regard pointu sur la mode. C’est elle qui, par ­exemple, ­conseillera à Calvin Klein, maître de l’industrie fashion, de miser sur une certaine Kate Moss pour incarner sa nouvelle campagne de pub. Flanqué d’une sœur au comportement exemplaire et d’une mère marquée par une vie de célébrité et par l’assassinat de son époux, John Kennedy Jr. multiplie les conquêtes et entretient une relation compliquée et énervée avec l’actrice Daryl Hannah. Il ­évolue à la une des journaux entre le statut de prince de l’Amérique et celui d’homme le plus sexy de la planète.

Traque médiatique

Son physique avantageux et son allure cool (il se promène partout à New York sur un vélo qu’il accessoirise d’un costume parfaitement coupé et d’une casquette portée à l’envers) attisent la curiosité des paparazzi qu’il connaît depuis qu’il est gamin. Depuis qu’il est ce petit garçon qu’on surnomme John John et qu’on voit sur des photos entrées dans l’histoire – celle où il joue dans le Bureau ovale prise en 1963, celle où il salue le cercueil de son père, la même année.

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Parfois, pour gagner un peu de paix, il n’hésite pas à donner aux photographes ce qu’ils veulent toujours : lui arracher son intimité. C’est le cas lors de cette partie de football partagée avec des amis sur la pelouse de Central Park durant laquelle John apparaît torse nu, livrant à l’histoire de la presse people une de ses paparazzades installées dans la mémoire collective. Si la traque par les médias est le lot quotidien de John, l’épreuve passera à un niveau supérieur dès l’officialisation de sa relation avec Carolyn, le prestige et l’ascendant du couple mettant à vif l’excitation des rédactions et du public.

Portrait d’une époque

L’intérêt de la série dépasse la simple romance qui, à bien y regarder, n’est pas le seul sujet de cette histoire entre deux personnages hyper-charismatiques. Pilotée par Ryan Murphy, créateur de shows embléma­tiques (Nip/Tuck, Glee, Pose, Hollywood…) et de l’anthologie « true crime » – American Crime Story (The People vs O.J. Simpson, The Assassination of Gianni Versace…), la série se focalise évidemment sur le duo romantique formé par John et ­Carolyn, mais brosse aussi le portrait d’une époque. L’histoire d’amour se double d’une évocation des années 90 avec, en point de mire, ces deux personnages qui incarnent le summum d’un glamour idéalisé et véhiculé par des images trop belles pour être vraies. Si l’aura du couple Kennedy-Bessette fait baver – elle est considérée comme une icône du bon goût, il est regardé comme le plus beau fiancé de l’Amérique -, l’envers de la love story, compliquée et chahutée, n’est pas toujours à la hauteur du ­fantasme, ce qui fait encore plus saliver la presse à sensation.

Quand on évoque le destin de ces deux amoureux, c’est toute la petite aristocratie des « beautiful ­people » qui réapparaît, revenus de ces années où la presse dégage encore une puissance de feu, où la mode devient un phénomène culturel, où les pra­tiques de la ville et de la nuit se transforment en hédonisme recherché. Objet de toutes les attentions et obsession nationale, John Kennedy Jr. est le produit de cette époque, il en est même un des moteurs à réaction, lui qui se bat pour concevoir et lancer un magazine dont l’ambition est de traiter la politique avec le regard de l’expert en pop culture. En 1995, le magazine sera baptisé George, du nom du premier président des États-Unis, George Washington, incarné en couverture du numéro inaugural par Cindy Crawford – tout un symbole. Un défi professionnel qui déplaît à sa mère, la très stricte Jackie Kennedy (interprétée par Naomi Watts dans la série) qui lui fait part de ses réticences, rappelant combien la presse a contribué au malheur de sa famille…

New Romance

L’ambition de Ryan Murphy est de s’appuyer sur une écriture qui énergise les vieux codes du récit ­sentimental déjà bien recyclés dans la littérature « new romance » à laquelle on peut affilier cette nouvelle anthologie American Love Story. Pour s’aligner à l’esprit romantique et à l’attente d’un public friand du genre, il fallait un acteur et une actrice à la plastique aussi importante que le talent… Si Sarah Pidgeon, rapidement engagée, a vite rencontré le personnage de Carolyn Bessette, on apprend dans un long papier publié par Variety que la production a galéré pour trouver le bon John Kennedy Jr., rôle attribué au final à Paul Kelly, inconnu à la limite du sosie. L’anthologie, qui n’en est qu’à ses débuts, s’inscrit aussi dans la tradition des grandes biographies racontées à la télé – Destins d’étoiles de Frédéric ­Mitterrand, Secrets d’histoire de Stéphane Bern, Un jour, un destin de Laurent Delahousse -, les (très gros) moyens en plus.

American love story (John Kennedy jr. & Carolyn Bessette)

Série Création Ryan Murphy Avec Paul Anthony Kelly, Sarah Pidgeon, Naomi Watts… Disney + 9 x 45 min.