
Après avoir gagné Liège chez les juniors en 2024, Paul Seixas avait dominé la catégorie avant d’en devenir champion du monde du chrono. ©VKA
Nous avons retrouvé plusieurs témoins de la victoire de Paul Seixas sur ce Liège-Bastogne-Liège pour Juniors, en 2024, quand il avait devancé de neuf secondes le Néerlandais Daan Dijkman (qui vient de… remporter Liège-Bastogne-Liège Espoirs) et le Belge Jenthe Verstraete (qui évolue aujourd’hui dans l’équipe de développement de EF Education-Easy Post). « Vu le palmarès qu’il avait déjà à l’époque chez les juniors, je l’avais cité, sur le podium de présentation des équipes, comme un des hommes à suivre », se rappelle Benoît Ramelot, qui officiait comme speaker de la classique liégeoise.
Son nom n’était pourtant pas arrivé tout de suite sur les ondes de Radio Tour une fois le départ donné. » Je me rappelle qu’une grosse échappée était partie tôt, témoigne Guillaume Daix, un jeune coureur wallon, ancien deuxième du DH Challenge Bicyclic chez les cadets qui s’y était classé 27e. C’était assez inquiétant, car ce groupe avait pas mal d’avance, avec de nombreux hommes forts. »
Resté au chaud dans le peloton, Paul Seixas a dans un premier temps temporisé. Avant de réagir dans la deuxième des cinq difficultés répertoriées. « Il a fait son propre tempo dans la côte de Wanne (NdlR : placée après celle de Mont-le-Soie, à 52 kilomètres de l’arrivée de cette Doyenne Juniors, dont le parcours est long de 138 bornes). Et il m’a vraiment impressionné. Avec son tempo, il a tout fait péter… Et il a fait le bond sur les hommes de tête. »
guillement
Il dégageait une sensation d’aisance. Il s’est imposé en surclassement. On s’est dit qu’on avait affaire à un crack…
Il a géré dans la montée de Basse-Bodeux et dans celle de la Vecquée avant de faire la différence dans celle de La Redoute, dans laquelle était située l’arrivée, à mi-pente. Des souvenirs que confirment Freddy Havelange. La voix du cyclisme en Wallonie était aux premières loges de la course, dans la voiture Radio Tour. « Après Wanne, c’était terminé, il avait fait la différence pour rejoindre la tête de course, explique-t-il. Il dégageait une sensation d’aisance. Et dans la montée de l’arrivée, à La Redoute, il n’y a pas eu photo. Il s’est imposé en surclassement, avec neuf secondes d’avance… On se disait qu’on avait affaire à un crack… »
Ce n’est pas la première fois que Freddy Havelange avait repéré ce Paul Seixas. « J’étais aux commentaires au cyclo-cross de Namur, en décembre 2023, et il avait été très solide. Les Français avaient dominé la course avec la victoire d’Aubin Sparfel et ce Paul Seixas quelques secondes derrière, troisième. »
Fernand Lambert, le président du Pesant Club Liégeois, le club organisateur, n’a pas oublié la domination du récent vainqueur de la Flèche wallonne sur sa course. « Les épreuves pour juniors se disputent sans oreillettes, les jeunes roulent donc à l’intuition et à la connaissance de la course, mais Paul Seixas avait roulé comme un pro. Il avait été attentif sans réagir à toutes les attaques. Avant de prendre les choses en main. Et de s’imposer. Je me souviens d’un jeune garçon très sympa quand il est monté sur le podium. »
Pour Guillaume Daix, qui évolue actuellement en première année chez les espoirs au sein de la formation continentale Color Code Alu Center, Paul Seixas dégageait déjà, à l’époque, une grande confiance en lui. « J’ai aussi fait une autre course UCI avec lui, la Classique des Alpes (NdlR : que le Français a également remportée). Je me rappelle qu’il donnait vraiment l’impression de savoir ce qu’il devait faire, quand il devait le faire. Il avait beaucoup de confiance. Il était impressionnant. Comme il l’est aujourd’hui chez les pros. »
Course de référence au prestigieux palmarès chez les espoirs, Liège-Bastogne-Liège n’a pas encore une aussi longue histoire dans sa version pour les juniors. Mais le prodige français a déjà marqué l’histoire de cette épreuve.
Avant celle des pros ?