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La scène pourrait sembler banale. Clara, 24 ans, en parle, voix émue, comme d’un rituel presque mécanique. Elle rentre de sa journée de travail, encore chargée de la fatigue du bureau, et trouve son colocataire, ami de longue date, déjà prêt à déposer sur elle le poids de la sienne. A peine le manteau posé, il déroule son conflit avec son patron, ses inquiétudes financières, ses doutes sur l’avenir. Elle écoute, rassure, conseille. Soir après soir, dit-elle, le scénario se répète. «J’ai l’impression d’être sa psy à domicile plus que sa coloc», glisse-t-elle, mi-amusée, mi-épuisée. Quand elle tente, à son tour, d’évoquer ses propres tracas, l’attention se dissipe ou la conversation se renverse, le laissant à nouveau au centre. Clara absorbe, temporise, amortit. Jusqu’à s’effacer un peu.

Ce déséquilibre affectif, Clara le vit dans l’ombre, sans vraiment trouver les mots pour le définir. Elle ignore qu’il porte désormais un nom: le mankeeping. Pour Vincenzo Iacoviello-Frederic, chargé de cours à l’Université de Genève et spécialiste des masculinités, le mankeeping est d’abord un effet très concret de la socialisation de genre: «Ce phénomène constitue une manifestation de l’asymétrie entre les hommes et les femmes», souligne-t-il.