Je n’ai pas de kit de survie et ça va très bien, merci

« Je pensais avoir l’exclusivité sur ce slogan mais l’ancien Premier ministre Alexander De Croo me l’a chipé durant la crise sanitaire », se remémore-t-il. « Deux ans après le lancement de mon spectacle, les bunkers ont pris vie mais sous une autre forme : il s’agissait d’appartements ou de maisons dans lesquels les gens se sont retrouvés confinés. »

Cette semaine, les sorties médiatiques de Bernard Quintin (MR) promouvant le kit d’urgence de 72 heures ont enfoncé le clou. Dans le cadre de la campagne « Prêts. Ensemble », le ministre de l’Intérieur a invité les citoyens à se constituer un kit comprenant notamment une bouteille d’eau, des conserves, un couteau suisse, une lampe dynamo, un sifflet.

Le kit d’urgence de la Belgique vu par un survivaliste : « C’est ridicule, je ne prends pas le quart »

Pour Alexandre Dewez, c’est trop. « La réalité a dépassé la fiction. Ce kit de 72 heures, je l’ai promu ironiquement durant mon spectacle. Mon personnage lui ressemble trop. Mon spectacle est devenu tellement réaliste qu’il n’en a plus rien du second degré. J’ai décidé de faire encore une représentation puis j’arrête. »

« La peur devient un produit »

Sur le fond, ce qui a fait sursauter le comédien, ce n’est pas tant l’annonce du kit que l’absence de tout dispositif pour le distribuer. « On propose un kit mais sans le distribuer à la population… Dès lors, la charge est mise sur les individus qui doivent se débrouiller pour se le procurer s’ils le désirent, ou miser sur une vente dans les grandes surfaces. C’est purement et simplement une marchandisation de la catastrophe. La peur devient un produit », dit-il.

Bernard Quintin, interrogé à la RTBF, avait en effet indiqué que l’idée que l’État doive tout fournir n’était « pas sa philosophie politique ». « Le gouvernement annonce la menace, dresse la liste de courses mais c’est aux citoyens de payer leurs kits. C’est une manière de dire qu’on aura été prévenu si jamais quelque chose arrive », observe Alexandre Dewez pour qui il aurait été préférable de communiquer sur des mesures fortes visant à anticiper les catastrophes à venir plutôt que de proposer ce kit sans accompagnement concret.

Pour rappel, ce kit a été lancé dans le cadre d’une campagne menée avec le centre de crise national. Depuis, les réactions n’ont cessé d’affluer. Certains estiment que cette annonce crée une panique inutile dans la société tandis que pour d’autres, il s’agit d’une mesure classique de gestion des risques, comparable aux plans d’évacuation en cas d’incendie ou aux trousses de premiers secours.