Parmi la trentaine de registres des cancers existant en France, le document insulaire est le seul à détenir une dimension régionale. Créé en 2014 et financé par la Collectivité de Corse, il est élaboré par l’Observatoire régional de la santé (ORS), association qui documente l’état de santé de la population depuis 1986 et dispose de compétences en épidémiologie et biostatistique.

Dès 2008, Paul Giacobbi, alors président du conseil général de la Haute-Corse et député, avait sollicité, en vain, la création par l’État d’un registre général, alors même que des études scientifiques cherchaient à évaluer les retombées sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl sur l’île et le taux d’incidence des cancers de la thyroïde.

« Plusieurs décennies après, on ne peut établir un lien direct avec Tchernobyl »

À l’échelle de la période de données actuellement validée par le registre régional des cancers – à savoir de 2017 à 2022 -, cette incidence correspond à 41 nouveaux cas par an en moyenne, dont les trois quarts chez la femme. Des données statistiques qui ne permettent pas, à elles seules, de formuler des hypothèses médicales relatives à l’impact des radiations nucléaires. « Plusieurs décennies après,…