
Kurt Volker appelle les responsables européens à la prudence dans leurs critiques de la politique menée par Donald Trump. ©BELGA Nieuwsbrief
Pour lui, cette dynamique pourrait « fragmenter une relation transatlantique qui reste précieuse pour nous deux ». « Je ne pense donc pas que ce soit la meilleure façon de traiter avec le président. »
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Depuis l’attaque américaine et israélienne en Iran en février dernier, les désaccords se multiplient. Téhéran a riposté par des attaques contre des bases américaines et ses alliés régionaux, avant de bloquer le détroit d’Ormuz, axe stratégique majeur du commerce mondial du pétrole.
Mais en Europe, la guerre suscite une opposition de plus en plus visible. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a affirmé au Parlement : « Ce n’est pas notre guerre… Je ne changerai pas d’avis. Je ne céderai pas. » Sa ministre des Finances Rachel Reeves a, elle, qualifié la décision américaine de « folie », ajoutant qu' »elle n’était pas convaincue que nous soyons plus en sécurité aujourd’hui qu’il y a quelques semaines ».
En France, Emmanuel Macron a dénoncé une violation du droit international, tandis qu’en Espagne, Pedro Sánchez a parlé d’une guerre « illégale, injustifiée et dangereuse ».
En Belgique, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a reconnu que l’attaque américano-israélienne contre l’Iran « ne correspondait pas à ses standards » en matière de droit international, tout en estimant qu’elle peut se justifier sur le plan sécuritaire. Il a ainsi affirmé ainsi que le recours à la force doit rester « l’ultime recours lorsque la diplomatie échoue ». Dans le même temps, il plaide pour une désescalade rapide et un retour à la diplomatie : « Ce n’est pas notre guerre mais ne rien faire n’est pas une option tenable. »
Eviter « des piques gratuites »
Face à cette montée des critiques, Kurt Volker plaide pour une approche plus diplomatique. Selon lui, les Européens doivent composer avec une opinion publique hostile à la guerre sans adopter des positions trop frontales envers Washington. « Il existe des moyens d’être proactif sans lancer des piques gratuites au président Trump, qui n’apportent en réalité rien », a-t-il expliqué.
Il cite notamment le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, comme exemple de communication prudente. Et appelle aussi l’Allemagne à maintenir ce cap, en visant le chancelier Friedrich Merz, dont l’attitude vis-à-vis de Donald Trump reste plus mesurée que celle de certains autres dirigeants européens. « Contrairement à Keir Starmer, que le président Trump semble aimer un peu taquiner, le président Trump ne le fait pas avec Merz personnellement », observe-t-il encore.
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Sur le fond du conflit, Kurt Volker défend la stratégie américaine et la nécessité d’empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. Il rejette les démentis de Téhéran : « Ils veulent bel et bien se doter de l’arme nucléaire, et ils s’y emploient depuis des décennies ; même s’ils acceptent de ne pas le faire, ils le feront probablement quand même. Et les États-Unis vont devoir se rendre à l’évidence. »
Il soutient également la décision de Donald Trump de s’être retiré en 2018 de l’accord nucléaire signé sous Barack Obama, qu’il jugeait « un accord imparfait qui n’aurait pas dû être conclu ».
Enfin, il décrit la stratégie actuelle du président américain comme volontairement offensive : « Il tente d’utiliser une rhétorique musclée et des positions extrêmes pour afficher sa force et sa fermeté dans un esprit de machisme et pour attirer l’attention des Iraniens. »