On entend le caquètement des poules derrière lui. Retraité dans sa Balagne, le docteur Denis Fauconnier a aussi une formation d’agriculteur. Ce qui lui a permis de comprendre à quelle vitesse les effets radioactifs de Tchernobyl, au printemps 1986, se sont répandus dans les prairies corses. « Le nuage est tombé au plus mauvais moment, car les jardins potagers commençaient à produire et les troupeaux broutaient la partie aérienne des végétaux contaminés par les bruines et brouillards », souffle celui dont la fille et la sœur ont contracté un cancer de la thyroïde. « On s’y attendait à cause des laits de chèvre et de brebis qu’elles prenaient. Parmi mes patientes, se souvient le généraliste, des femmes étaient élevées au lait de chèvre. Or, sur la côte orientale corse après la catastrophe nucléaire, on a relevé jusqu’à 100 000 becquerels d’iode 131 par litre de lait, alors que la recommandation est de 500 becquerels par litre. »
« Le nuage ne s’était pas arrêté à la frontière »
Pas étonnant, dans ces conditions que le nombre de cancers de la thyroïde, notamment chez l’enfant, ait soudainement augmenté. « En région Paca Corse, reprend le docteur Fauconnier qui continue d’animer un site sur le …